Tête coupée, jambes sectionnées, «Dead bones» promet du sanglant

Le tournage de «Dead bones» s'est achevé hier, dans le studio Rhino, à Serrières. Reportage entre tête coupée, jambes tronçonnées et chasseur de primes sur le plateau du nouveau court métrage du Neuchâtelois Olivier Beguin. Une grotte désaffectée. Contre les murs, des traces de sang et, sur le sol, des crânes et des ossements qui s'entassent dans un coin. Un homme est étendu sur une planche, les deux jambes sectionnées à hauteur du genou. Mais que se passe-t-il donc dans le village de Dead bones?

31 mars 2008, 12:00

«Silence!», lance soudain l'assistant-réalisateur Alain Gattoliat. Un silence religieux s'installe. «Action!» Les deux acteurs se toisent, se menacent avec leur arme blanche. L'Irlandais Arie Verveen et le Suisse Frédéric Landenberg, liés par une chaîne solide, s'avancent vers la victime étendue. Arie Verveen lève son bras pour lui trancher la gorge. «Cut!», s'écrie l'assistant-réalisateur, en anglais.

Le nouveau court métrage du Neuchâtelois Olivier Beguin est en effet tourné dans la langue de Shakespeare. «Cela apporte une dimension internationale au film», précise la productrice Annick Mahnert. «L'acteur Arie Verveen est d'ailleurs Irlandais et vit à Los Angeles.»

Durant les quelques minutes de pose entre chaque prise, l'équipe s'active. La productrice commente en désignant le figurant couché: «Il ne fait pas très chaud dans le studio et comme il reste torse nu, on le réchauffe avec ce petit chauffage portatif.»

Yannick Rosset confirme, en désignant l'engin à ses côtés: «C'est mon ami! Vendredi, je suis resté six heures étendu sur la table. J'ai eu un peu froid.»

L'équipe se retire. «Attention! Vous marchez sur la terre et vous laissez des marques.» Le responsable des décors, Yvan Schlatter, jette quelques poignées de terreau sur le sol pour recouvrir les traces laissées par le personnel.

L'équipe s'écarte. «Attention à la lumière!», prévient-on. Des ombres se reflètent contre la paroi de la mine et risquent d'être visibles lors du tournage. Devant le projecteur, les personnes s'accroupissent.

Sur le tournage de Dead Bones - L'Express et L'Impartial
Sur le tournage de Dead Bones - L'Express et L'Impartial

Un «silence!» résonne dans le studio. Plus un bruit. «Action!» Les acteurs rentrent dans leur rôle; la caméra tourne. Pour parfaire la scène, il faudra six, sept prises, avant que le réalisateur neuchâtelois, Olivier Beguin, ne s'écrie enfin satisfait: «Beautiful!»

Mais ce n'est pas terminé! La prochaine séquence est déjà prévue. Pour la préparer, le responsable des effets spéciaux plastiques, David Schaerer, se promène avec une fausse tête sanguinolente à la main. Ce Strasbourgeois a déjà fait montre de ses talents sur près de 350 productions, mais une difficulté subsiste: comment rendre au mieux le sang qui aspergera Arie Verveen, lorsqu'il coupera la tête de la victime couchée. Afin de rendre au mieux cet effet, l'équipe envisage plusieurs solutions pour projeter le sang: seringue, paille, brosse à dent ou encore... doigts! Dans ce mélange de faux sang, de sirop de fruits rouges et de colorant, le réalisateur lui-même n'hésite pas à mettre les mains pour éclabousser l'acteur durant le tournage de la scène. Et d'expliquer: «Le sang doit gicler comme hier pour permettre de faire le raccord avec la scène de vendredi et celle de samedi.»

Le tournage du court métrage d'Olivier Beguin s'est achevé hier. Il nécessitera encore plusieurs semaines de travail. Mêlant western et horreur, il relate les pérégrinations d'un chasseur de primes qui s'égare dans un village plutôt... glouton. Et le Neuchâtelois de confier: «Ma cinquième production sera, je l'espère, un long métrage qui reprendra le thème et le nom de Dead bones.» /CBX