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Schweizer Klaviertrio et couleurs de l'Est

14 nov. 2009, 09:34

CRITIQUE - PAR DENISE DE CEUNINCK

Les «Danses de Galanta» de Kodaly ont ouvert le concert donné jeudi au temple du Bas, à Neuchâtel, par l'Orchestre philharmonique d'Odessa.

Dès l'entrée des violoncelles, l'orchestre a ce souffle, cette grandeur immédiate et imposante, cette plénitude des cordes, d'où surgiront tour à tour, savoureusement, la clarinette soliste et d'autres instruments. Kodaly colore des thèmes populaires hongrois avec un brio orchestral. Mais là où le phrasé est évolutif, le chef Hobart Earle a des accents tranchants, des contrastes accusés. Une gestuelle démesurée trahit le tempérament du chef.

Le Schweizer Klaviertrio, composé d'Angela Golubeva, violon, du Neuchâtelois Sébastien Singer, violoncelle, et de Martin Lucas Staub, piano, a enflammé la salle, jeudi, tant est rare un trio à cordes avec piano d'aussi bon niveau.

Le triple concerto du Suisse Daniel Schnyder, exilé aux Etats-Unis, dédié en 2007 au Schweizer Klaviertrio, relève clairement de l'école américaine par opposition à l'écriture sérielle. Ce n'est pas le chemin balisé de la mélodie, c'est un prudent mouvement qui ne cesse de rappeler ses jalons par des citations classiques ou jazz. A chaque instant l'auditeur se trouve à un carrefour. Il faut relever ici largement l'apport des interprètes, leur divination de cette musique. A l'enthousiasme démontré par l'auditoire, les musiciens ont répondu par une pièce d'Astor Piazzola de la meilleure veine.

La 4e Symphonie de Mendelssohn, dite «italienne» a terminé ce concert. De toute évidence, Hobart Earle entend présenter un Mendelssohn moderne. Les mouvements rapides sont péremptoires, virtuoses, éblouissants mais tirent l'œuvre, le presto du dernier mouvement surtout, vers quelque chose de tape-à-l'œil.

D'autres pages de Mendelssohn, offertes en bis, toutes de douceur celles-ci, ont ravi l'auditoire.

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