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Pilotes et hôtesses de toute l'Europe formés aux catastrophes aériennes

L'école d'aviation Air-Espace, à Colombier, enseigne à des pilotes professionnels, stewards et hôtesses de l'air de toute l'Europe comment maîtriser un incendie en vol, ou encore un amerrissage d'urgence. Mardi, le personnel de la compagnie Global Jet Luxembourg a dû affronter l'angoisse d'un feu à bord. Réactions dans le simulateur high-tech de l'aérodrome. «Un feu en vol, ça ne m'est jamais arrivé. Mais si ça se passe un jour, il faudra être prêt. Le drame du M-D 11 d'Halifax a été provoqué par un incendie, né d'un court-circuit dans le cockpit.»

28 sept. 2007, 12:00

Antoine, pilote professionnel pour Global Jet Luxembourg, participait mardi à Colombier à un cours sur la sécurité aérienne, en même temps que dix autres pilotes et hôtesses de l'air de la compagnie.

Car c'est bel et bien à l'aérodrome de Neuchâtel que le personnel de cockpit et de cabine de sept compagnies aériennes européennes (lire ci-contre) est formé à tous les comportements de sécurité à adopter en cas d'urgence. Depuis trois ans, l'école d'aviation de Colombier Air-Espace mandate des spécialistes pour dispenser ces cours, reconnus par une réglementation européenne stricte.

«Nous suivons cette formation chaque année à Neuchâtel. Le but est que des mouvements tels que le dégoupillage d'un extincteur deviennent automatiques. Afin de nous libérer l'esprit lorsqu'il faudra réfléchir à l'évacuation de l'avion», explique le pilote Thomas Bisual.

Au programme de la formation d'une journée: pas seulement des exercices de feu, mais aussi un entraînement aux piscines du Nid-du-Crô pour apprendre à conduire une évacuation en cas d'amerrissage, ou encore des cours théoriques sur les menaces actuelles en matière de sûreté.

Le tout dispensé en anglais par les instructeurs François Villard et Maurice Jaques. «Air-Espace fait appel à nous pour donner ces cours. Nous avons formé 150 personnes l'année dernière ici à Colombier», explique François Villard.

L'avantage du lieu? «Il dispose d'un des trois simulateurs d'incendie que compte la Suisse (réd: les deux autres sont à Zurich et à Bâle). Ici, l'appareil (réd: l'intérieur d'un avion reconstitué dans un conteneur) a l'avantage de faire du feu et de la fumée synthétique en même temps», ajoute François Villard.

Thomas Bisual enfile son masque à gaz, et pénètre dans le simulateur rempli de fumée pour aller éteindre un feu de cabine, réel celui-ci. Exercice réussi. Il ressort du conteneur en toussant, plaisante pour détendre l'atmosphère, mais rappelle que «si un feu est mal maîtrisé, il faut compter entre 15 et 20 minutes pour que les passagers soient asphyxiés, et que l'avion soit crashé et détruit. C'est court...» Monique, hôtesse de l'air, a dû éteindre un feu un jour. «Une cliente avait installé des vêtements dans les toilettes. Ils étaient trop prêts de la lampe. Ça a surchauffé, mais j'ai pu étouffer le feu avec une couverture.»

Les onze participants au cours apprennent combien il est important que le personnel de cabine contrôle régulièrement les WC. «Les fumeurs qui planquent leur mégot dans la poubelle, c'est l'horreur!», témoigne la Parisienne Caroline.

L'aérodrome de Colombier confronte donc régulièrement du personnel navigant de toute l'Europe à l'angoisse de la catastrophe aérienne. «Je touche du bois pour que tout ce qu'on exerce ici ne m'arrive jamais», confie Caroline. Christian plaisante: «La seule fois où j'ai dû utiliser un extincteur, c'était pour éteindre mon barbecue!»

L'humour et la légèreté sont indissociables de ce genre de cours. Antoine, quant à lui, philosophe: «Non, ces situations d'urgence ne font pas partie de mes angoisses. Je n'y pense tout simplement pas. Sinon je ne pourrais plus voler!» /VGI

www.air-espace.net
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