Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Pierre-à-Bot, «mal-aimé à tort», a son association de quartier

Pierre-à-Bot dispose enfin d'une association de quartier, constituée mercredi dernier. Ce lieu multiculturel et très peuplé des hauts de Neuchâtel était l'un des derniers à ne pas être doté d'un tel outil de rencontre. Anne Pellerin Comte, membre du comité à l'origine du projet, explique pourquoi de nombreux habitants sont décidés à améliorer l'image de leur quartier. Interview.

03 mai 2007, 12:00

Des associations de quartier existent partout à Neuchâtel. Pourquoi celle de Pierre-à-Bot se constitue-t-elle seulement maintenant? Le quartier comptait déjà une association, qui a disparu fin des années 1990. Et depuis, plus rien. Seul un comité organisait encore la fête de quartier, mais il s?est également éteint. Chacun attendait sur l?autre pour démarrer. Quand on voit le nombre de gens qui veulent avancer, de toutes nationalités, on réalise que les habitants ont envie de se rencontrer, de communiquer. Imaginez: le comité de la nouvelle association compte 26 membres!

Qui a donné l?impulsion pour faire enfin bouger les choses? Difficile de le dire, la naissance de l?association a été comique. Lorsque j?ai commencé à chercher une salle et des gens motivés pour ce projet, j?ai appris par ma gérance que d?autres personnes faisaient de même, ailleurs! Il s?agissait notamment de mon voisin du dessus! Du coup, les énergies se sont vite rassemblées.

Les buts de votre association? Nous aimerions déjà améliorer l?image de notre quartier qui, vu de l?extérieur, a plutôt sale réputation.

Des étudiants en ethnologie ont effectivement remarqué que ce quartier était perçu de manière négative par l?extérieur, tandis que ses habitants s?y sentent bien. Pourquoi ce paradoxe? L?architecture des lieux y est pour quelque chose. Ces longs bâtiments qui abritent des centaines de ménages peuvent faire penser à une cité. Mais les problèmes ne sont pas plus graves ici qu?ailleurs! Ils peuvent simplement paraître plus nombreux, du fait de ce condensé d?habitants, de vie et d?effervescence. Cette multiculturalité que beaucoup critiquent, nous, nous l?avons cherchée en nous installant ici! Pour que nos quatre enfants puissent s?ouvrir aux autres.

Comment améliorer l?image du quartier? En organisant des événements qui feront parler de nous de façon positive. Par exemple des trocs, vide-greniers, fêtes de quartier, etc. L?une de nos premières missions consistera à trouver un lieu de rencontre et d?activités. Le quartier compte des centaines d?habitants, et aucun espace pour se retrouver, à part le Denner!

L?association de Pierre-à-Bot ne ressemblera à aucune autre de Neuchâtel, du fait de la multiethnicité du quartier. Allez-vous définir vos objectifs en fonction de cet élément? Oui, parce qu?on a vraiment envie d?apprendre des autres! Les gens sont motivés, prêts à donner de leur temps, et ont plein d?idées. Nous souhaitons par exemple mettre sur pied des activités éducatives et sociales comme le nettoyage du quartier tous les deux mois, avec le concierge, pour sensibiliser les jeunes à l?environnement. Ou encore des visites auprès des personnes âgées qui, parfois, craignent les jeunes, sans raison. Quant aux projets culturels, il y en aura, par exemple des projections de films, des soirées musicales ou gastronomiques. En fait, tout est prétexte à la rencontre!

Il y a beaucoup d?envies. Mais pourrez-vous tout réaliser? Il faudra dégager des priorités. Une femme a proposé des cours d?aérobic pour dames. ça part un peu dans tous les sens, mais l?énergie est au rendez-vous. Il y a bon espoir que le quartier de Pierre-à-Bot bouge, et cela dès que possible! / VGI

Votre publicité ici avec IMPACT_medias