Parole à la jeunesse

L?aula des Jeunes-Rives a accueilli hier plus de quatre cents élèves de tout le canton. Ils ont débattu avec plusieurs personnalités suisses et sud-africaines. Trentième anniversaire des émeutes de Soweto en toile de fond Plus de quatre cents étudiants étaient hier réunis à l?aula des Jeunes-Rives, à Neuchâtel, à l?occasion du 30e anniversaire des émeutes estudiantines de Soweto, en Afrique du Sud. Les jeunes issus de 17 classes du canton répondaient à l?invitation de l?association Imbewu-Suisse et du Centre de loisirs de Neuchâtel. Au c?ur des discussions: le rôle de la jeunesse face aux enjeux contemporains et à la problématique Nord-Sud.
01 août 2015, 23:26

«Soyons des citoyens du monde demain!» C?est ainsi que Lye et Maurane, deux jeunes lycéennes, ont conclu la longue après-midi de débats d?hier.

Mobilisés depuis plusieurs semaines, des centaines d?étudiants et étudiantes du canton se sont appliqués, depuis plusieurs semaines, à préparer cette journée. Au nombre des classes participantes, celle de deuxième maturité de Marc Renaud, enseignant au lycée Jean-Piaget, à Neuchâtel.

«Pascal Holliger (réd: président d?Imbewu-Suisse) est venu nous parler de son projet de conférence au lycée, expliquent Lye et Maurane, toutes deux agées de 17 ans. Le thème proposé nous a tous enthousiasmés. Revenir sur les événements de Soweto a suscité une prise de conscience parmi nous.»

Chaque classe s?est vue invitée par Pascal Holliger et Olivier Arni, animateur au Centre de loisirs, à formuler une question, une préoccupation et une réflexion en vue de la conférence. La classe du lycée Jean-Piaget s?est notamment demandé «comment des gouvernements pouvaient justifier de privilégier les biens économiques et matériels à la vie d?êtres humains?»

Une interrogation parmi de nombreuses autres qui sont nées au fil de la préparation. «Aborder des thèmes touchant directement la jeunesse a permis de rapidement mobiliser nos énergies, notent Nicolas, Martin et Maximilien, tous trois élèves de la classe de Marc Renaud. Les jeunes ne se sentent pas toujours concernés par les problèmes actuels. On a parfois des difficultés à se mobiliser. Ce genre d?exercice peut nous stimuler.»

Quant à l?influence concrète d?une initiative comme la conférence, les jeunes restent réalistes. «Tout le monde ne va pas s?engager dès demain. L?important, c?est que nous nous sentions concernés, expliquent Lye et Maurane. Aujourd?hui nous pouvons aussi démontrer que nous savons travailler ensemble. Cela peut nous permettre de faire gagner la jeunesse en crédibilité.»

La réflexion engagée par les étudiants en vue de la journée d?hier ne devra donc pas s?arrêter après la conférence. Les 23 jeunes gens de la classe du lycée Jean-Piaget poursuivront notamment la réflexion par un travail réalisé par groupe et portant sur les discussions de l?après-midi. /YHU

Poursuivre la lutte

«Si l?ennemi a changé, la lutte doit continuer!» Konji Sebati, ambassadrice d?Afrique du Sud en Suisse, croit en la force de la jeunesse.

Au côté de Nkosinathi Biko, fils de l?icône mondiale de la lutte antiapartheid Steve Biko, mort en détention en 1977, diverses peronnalités sont venues hier à Neuchâtel s?exprime devant plus de 400 étudiants.

Bernard Challandes, entraîneur de l?équipe nationale de football des M21, ou encore Gisèle Ory, présidente du Grand Conseil neuchâtelois, ont notamment joué le jeu du débat avec les jeunes.

Reliés par un dispositif audio à deux traductrices, les jeunes gens ont pu prendre part aux discussions en posant les questions qu?ils avaient préalablement préparées.

A l?issue de la première table ronde, le r?n?b de Dyva a animé l?auditoire, particulièrement du côté des représentants sud-africains. Tous étaient hier unanimes pour inciter la jeunesse à se mobiliser et à se battre pour ses idéaux.

«Nous sommes tout à fait d?accord, mais il faut nous en donner les moyens, expliquent Lye et Maurane. Beaucoup de jeunes sont découragés. L?envie est là mais on ne se sent pas pris au sérieux.»

Si la conférence n?a pas pu répondre à toutes les questions posées par les jeunes, elle a eu le mérite de leur donner la parole et de susciter chez eux la réflexion. / yhu