Option sur l'artificiel

Neuchâtel Xamax pourrait bien être la première formation d'élite du pays à faire homologuer un terrain synthétique. HRS est prêt à en assumer le surcoût Rien n'est encore formellement arrêté. Tout semble cependant indiquer que le nouveau stade de la Maladière sera doté d'un gazon artificiel. Propriétaire du futur stade, la Ville de Neuchâtel pourrait faire oeuvre de pionnière en déposant la première demande d'homologation du pays pour que des matches d'élite se déroulent sur du gazon artificiel. Ce qui ne signifie pas encore que Neuchâtel Xamax serait la première formation à évoluer sur des brins d'herbe plastifiés. L'inauguration de la Maladière étant prévue pour 2007, les rouge et noir pourraient encore se faire brûler la politesse par d'autres équipes de première division.

10 févr. 2006, 12:00
Option claire

«Il est peu probable que nous fassions maintenant marche arrière», indique Paolo Santoianni. Le chef de projet de HRS, l'entreprise générale chargée de faire construire le complexe de la Maladière, signale que toutes les couches inférieures du futur stade ont été pensées en fonction d'un revêtement synthétique. «Nous avions annoncé que nous étions prêts à assumer le surcoût d'un terrain artificiel. C'est deux fois plus cher, mais offre de multiples affectations pour la Ville», souligne Paolo Santoianni. En l'occurrence, le prix estimé d'une telle surface tourne autour du million et demi de francs.

Le coût de l'infrastructure n'est donc pas responsable de cette valse-hésitation. Si le choix n'a pas été arrêté plus tôt, c'est que «lorsque nous avons lancé les travaux, les terrains synthétiques n'étaient pas encore homologués pour le championnat de Super league, rappelle Paolo Santoianni. Depuis quelques mois c'est bon!»

Lente révolution

Ce qui était encore impossible voici peu est devenu possible à la suite des décisions des organisations faîtières de la planète foot. Car, jusque-là, les pelouses artificielles, comme celle de Pierre-à-Bot, sur les hauts de la ville, étaient reléguées au rang de terrains d'entraînement. Ainsi, la Fifa (instance mondiale), puis l'UEFA (pour les compétitions européennes) ont décidé d'homologuer les surfaces synthétiques pour les épreuves internationales. L'Association suisse de football (ASF) ne pouvait que se mettre à la page. «De notre côté, cela ne pose plus problème depuis le début de cette saison», signale Peter Gilléron, secrétaire général de l'ASF.

Côté Ville, Etienne Dagon ne cache pas son intérêt pour la fibre synthétique. «Même si nous n'avons pas encore passé commande, nous y sommes acquis depuis le début. Nous craignions juste un veto de l'ASF. Désormais nous savons que nous pourrions y disputer des rencontres de coupes européennes», clarifie le chef du Service des sports de Neuchâtel (qui assurera l'exploitation technique du stade). Etienne Dagon cite en outre comme avantages la possibilité de multiplier les rencontres dans le stade. «Nous pourrions parfaitement agender quatre rencontres sur un week-end ou organiser d'autres manifestations, comme, par exemple, une fête de gymnastique, un tournoi de lutte. Mais il faudra tenir compte des contraintes d'un stade situé à sept mètres du sol...» Un obstacle certainement adouci par les économies sur l'entretien du gazon: 30 à 40.000 francs par an contre 200 à 300.000 francs pour une pelouse vivante. / STE