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Le pont rongé de la Rasse a 100 ans

27 avr. 2008, 12:00

Il y a un bout de temps que l'amoureux du Doubs et féru d'histoire régionale Claude Piaget se demandait de quand date l'ouverture du pont actuel de la Rasse. Entre Maison-Monsieur et Biaufond, celui-ci enjambe en fait le Doubs depuis cent ans, exactement. Il a été terminé le 26 avril 1908. C'est ce qu'a découvert le Chaux-de-Fonnier, après des recherches minutieuses.

«L'effondrement du pont en construction le 17 juillet 1907 a bien sûr éveillé la curiosité des photographes et journalistes, mais je n'ai rien trouvé à la Chaux-de-Fonds sur l'ouverture du pont, sans doute parce qu'il est entièrement français», explique Claude Piaget. Pour trouver la date de l'ouverture, qui n'a pas donné lieu à une inauguration, notre homme a dû aller pouiller les archives départementales du Doubs à Besançon.

Dans sa besace de chercheur passionné, Claude Piaget a ramené bon nombre d'informations sur la Rasse. Avant la construction du pont de Biaufond en aval (1881), il existait déjà à la Rasse une passerelle dite Dupré, du nom de l'aubergiste qui tenait le «Sept de carreau», un rendez-vous de joueurs de cartes. Côté suisse, il y avait quatre maisons pour 27 habitants. Côté français, une fabrique d'outillage horloger, une scierie et un hôtel. Historiquement, le passage reliait la Suisse à Fournet-Blancheroche, par le chemin pentu mais à l'époque carrossable dit de Guillemette, du nom de Guillemette de Vergy qui l'avait emprunté en cortège pour son mariage avec le seigneur de Valangin Claude D'Arberg. C'était en en 1474...

Pour en revenir au pont, un premier avait été construit sur trois piliers avec un tablier en bois en 1893, avant une fermeture parce qu'il ne supportait pas les lourdes charges. C'est le tablier métallique en cinq parties destiné à le renforcer qui s'est écroulé au montage, heureusement sans victime. La construction définitive, par la Société des Forges à Besançon, a coûté 21 000 francs français.

Aujourd'hui centenaire, le pont a pris un sérieux coup de vieux. Rongé de toutes parts, le tablier présente même deux bons trous en entonnoir au travers desquels on voit le Doubs. Le restaurateur de l'Hôtel de la Rasse Kurth Hungerbühler espère bien qu'il sera refait. Il a eu de bons échos du côté de Fournet. Mais le chemin de Guillemette n'est plus guère utilisé, sinon par les marcheurs, et le site côté français n'abrite que l'hôtel, une grande maison fermière, un jardin potager et quelques points d'amarrage pour bateaux de pêcheurs. Et pourtant. Le coin, idyllique, mérite bien une belle tête de pont! / ron

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