Valangin au coeur de notre magazine "Spécial Habitat"

Dans le magazine "Spécial Habitat" diffusé avec L'Express et L'Impartial de ce mardi, Camille Jéquier, directrice-conservatrice du château de Valangin, nous reçoit dans la forteresse qui domine le village. C'est l'un des très nombreux articles à découvrir dans ce magazine, parmi lesquels une visite chez la journalistes de la RTS Romaine Morard, un dossier sur le cocooning ou des... terrasses volantes.
24 oct. 2017, 13:52
Le bourg de Valangin au début du 20e siècle.

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Tous les Neuchâtelois connaissent le village de Valangin. Ils sont néanmoins peu nombreux à s’y arrêter pour en découvrir les trésors, plus ou moins cachés. Du bourg au château, il en compte pourtant. Valangin tire son nom du latin et signifie «vallée étroite». Un endroit idéal pour y bâtir une forteresse. «Les plus anciennes traces écrites que nous avons datent du XIe siècle», relève Camille Jéquier, directrice-conservatrice du château. Celui-ci a été bâti au milieu du XIIe  siècle.

Les liens avec la ville de Neuchâtel sont étroits, tant historiques que géographiques. Dans le passé en premier lieu. «Surtout que la limite était littéralement ce qui est aujourd’hui le pont Noir. Les communications se faisaient essentiellement par Neuchâtel. Il y a deux voies de communication. Celle du Gibet qui amenait à Vauseyon et Peseux, et l’autre qui passait par les Cadolles. L’entrée du bourg se faisait par le château.»

Dans l’histoire, Valangin est une seigneurie. «Au départ, elle est inféodée aux comtes de Neuchâtel. Elle décide de s’émanciper en s’aidant de l’Evêché de Bâle.» Son histoire, ensuite, est marquée par d’incessantes brouilles avec son voisin. Des querelles qui ont conduit à des batailles, notamment à Coffrane, sans oublier la destruction de la forteresse de la Bonneville. Construite par les seigneurs de Valangin, elle fut détruite en 1301. En 1592, elle retourne sous la coupe des comtes de Neuchâtel.

Région colonisée

Le château, ensuite, devient tribunal. Il compte aussi une trentaine de cellules, dont trois subsistent aujourd’hui. En 1764, un incendie dévaste les lieux. «Ç’a été colmaté au début du XVIIe siècle. Ensuite, il a été complètement abandonné pendant cent cinquante ans. La SHAN, la Société d’histoire et d’archéologie neuchâteloise, a racheté le château et l’a restauré, meublé et a créé le musée. L’entretien était assez onéreux.» Aujourd’hui, les murs et le jardin appartiennent au canton, le musée et les collections à la SHAN.

La seigneurie de Valangin est aussi synonyme de colonisation. La région est défrichée par le bon vouloir du pouvoir dès le XIIIe siècle. Le territoire s’étend au Val-de-Ruz entier, excepté Boudevilliers tout proche, et aux vallées de La Sagne, du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Le clivage Haut-Bas prendrait-il racine dans cette lointaine histoire? «La question se posait différemment, répond Camille Jéquier. Je pense que la comparaison s’arrête là. A l’époque, c’est une bisbille de famille qui a apporté ses conflits. Il y a eu des tensions. Elles ont été réglées plus ou moins diplomatiquement, surtout par l’Evêché de Bâle.»

Revenons dans le présent! «Enfant, j’y suis venue plusieurs fois. Nous faisions un triptyque château, petit train, confiserie Weber», confie Camille Jéquier, l’actuelle directrice-conservatrice du château, native de Saint-Blaise. Ce troisième arrêt, célèbre pour ses gâteaux au beurre, n’est plus d’actualité. Le commerce a fermé ses portes.

«Aujourd’hui, la vie tourne plus ou moins autour du château. Nous essayons de faire participer les habitants de plus en plus. Le château amène des visiteurs – environ une dizaine de milliers par année –, mais le village a sa propre vie, dit la directrice-conservatrice. Le marché le vendredi, la brocante, qui a un succès faramineux, le petit train, les Compagnons du Bourg, les concerts à la collégiale. Il y a beaucoup de gens qui aiment énormément leur village et veulent le faire vivre. Ce qui est important.»

 

Info+

Vous pouvez vous marier civilement au château de Valangin dans la salle des Chevaliers. Possibilités d’apéritif ou de vin d’honneur pour un maximum de 100 personnes. Renseignements complémentaires sur www.chateau-de-valangin.ch, par mail à l’adresse chateau.valangin@gmail.com ou par tél. au 032 857 23 83.

Une catholique fervente

Guillemette de Vergy (1457-1543) était une fervente catholique. Epouse du seigneur de Valangin Claude d’Aarberg, elle a tout tenté pour que la Réforme ne s’impose pas. «Nous avons des témoignages de Guillemette de Vergy qui voit la collégiale de Neuchâtel se faire dévaster par les réformés. Elle était sûre que la Réforme ne durerait pas», explique Camille Jéquier, directrice-conservatrice du château. Elle est enterrée à Valangin. «Mais il était prévu que si ce n’était pas possible d’avoir un rite catholique, elle soit subrepticement enterrée en terres catholiques», ajoute-t-elle. Veuve depuis 1518, elle administrait la seigneurie au nom de son petit-fils René de Challant. A la mort de ce dernier et après maintes disputes juridiques, Valangin est retourné dans le giron du comté de Neuchâtel.

Le nom de Guillemette de Vergy ne peut néanmoins pas être dissocié de celui de son mari Claude d’Aarberg, enterré à ses côtés. «C’est sous leurs noms que Valangin a eu le plus de territoires. Claude est allé aux Croisades.» A son retour, il aurait échappé à une tempête grâce à une prière lors de laquelle il promet de bâtir une collégiale. Ce sera chose faite. L’église est consacrée en 1505.

 

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