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Trop gros, le BCN Tour?

La boucle cantonale 2006 est partie sur les bases d'un nouveau record de fréquentation. Un bien? Un mal? A-t-on atteint un plafond? Christophe Otz fait le point Le BCN Tour a battu ses records en 2005, l'année de ses 20 ans: 2782 coureurs ont participé à au moins une étape et 1866 personnes se sont classées à Neuchâtel. Mercredi dernier, à Boudry, pour le coup d'envoi 2006, la barre des 2000 inscrits (2036, 1662 classés) a été dépassée. Des chiffres qui font baver d'envie ailleurs, mais qui ont le revers de toute médaille. Réjouissant ou préoccupant, le boom du BCN Tour? Réponse avec Christophe Otz, le patron de Sport Plus.

03 mai 2006, 12:00

La gestion administrative. «Ce n'est pas un problème. Le chronométrage non plus.»

Les sites d'accueil. «Beaucoup sont hélas devenus trop petits, et l'infrastructure de tentes est trop chère. Quand on doit payer 10.000 balles, ce n'est plus possible de rentrer dans ses frais.» Avec une exception: «Pouvoir profiter d'une tente montée à l'occasion d'une fête villageoise ou d'une autre manifestation.» Les abris de 1200 places ne foisonnent pas. «La particularité du BCN Tour, c'est la convivialité, le plaisir d'être ensemble après l'étape, une ambiance que l'on ne retrouve pas en Valais, sur Vaud ou sur Genève, où il n'y a ni cantines ni saucisses! Ici, on s'attable. Ceux qui courent ensemble boivent et mangent ensemble!»

Les vestiaires. «On se débrouille avec ce que l'on a. Cela fait partie de l'ambiance de la course. Quand il y a des douches réservées aux dames, pas de problème. C'est lorsque l'on doit diviser la tente douches que cela devient plus délicat. On peut doucher 1200 personnes. L'eau chaude est produite au fur et à mesure. Il y en a donc pour tout le monde, ce qui n'est pas forcément le cas dans une patinoire...»

Les parcours. «Les tracés sont toujours différents, mais les possibilités ne sont pas infinies. A force d'aller à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Boudry, Couvet, Chézard et aux Ponts-de-Martel, on finira par revenir sur nos pas. On aura découvert tous les sentiers. J'ajoute que chaque chemin a ses limites. S'il est trop étroit, ça bouchonne, sauf en fin d'étape. Sur les cinq ou six premiers kilomètres, on a un serpentin continu. C'est impressionnant. On construit donc les parcours en fonction du nombre de concurrents, avec des routes bien larges au départ. Les propriétaires ne se soucient pas trop de la participation. Leur principal souci est de faire découvrir des coins dans lesquels les gens vont ensuite revenir courir ou faire du VTT. Le phénomène est plus marqué dans le Haut. Pour l'étape de La Chaux-de-Fonds, on a près de 150 propriétaires privés concernés, contre trois pour celle de Boudry!» Autre contrainte: «Les coureurs veulent un minimu de goudron. On doit ainsi éviter les sites trop urbains, de toute façon moins accessibles en termes d'autorisations.»

Le parcage. «C'est un gros problème et on y réfléchit. On a besoin de sociétés locales pour tenir les cantines. Sans elles, plus de BCN Tour! Ou alors comme les autres courses, avec la remise des prix avant l'arrivée des derniers.» On parlait de réflexion... «L'idée serait de travailler avec les transports publics, avec des parkings au quatre coins cardinaux. Le problème, c'est que la moitié des vestiaires... ce sont les voitures! Et si l'auto est trop loin, celui qui va s'y changer ne revient plus, ce qui diminue le chiffres d'affaires de la société locale. Nous sommes face à un dilemme. Si on délocalise le parcage, je ne suis pas sûr que l'ambiance restera la même.»

Plus c'est grand... «plus ça coûte cher! Simple question d'infrastructures. La tente-accueil achetée il y a deux ans... est déjà trop petite! On a augmenté le prix des inscriptions cette année, mais on n'a pas reçu une seule réclamation.»

Jusqu'à combien? «On aura de la peine à faire beaucoup mieux au niveau de la fréquentation. On va peut-être arriver aux 3000-3500 inscrits, mais pas plus.» Et sinon? «Il faudra limiter les inscriptions... ou trouver des solutions avec les sponsors! On pourrait décentrer le BCN Tour avec un camion-vestiaires (comme en Norvège pour le ski de fond), un camion-cantine et un camion-sanitaires. Ça coûte très cher, mais on pourrait aller n'importe où, pourvu qu'il y ait de la place!»

Le mot de la fin. «Les Neuchâtelois nous disent qu'ils veulent le BCN Tour puisqu'ils y viennent!» Pas faux. Même s'il y a des petits inconforts ici ou là. Et peut-être même à cause d'eux! / PTU

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