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Ne pas sonner, prendre parti sur un paillasson et tourner les talons

19 oct. 2007, 12:00

C'est hier que j'ai compris pourquoi ma classe de primaire à été décimée lors d'une rentrée scolaire. A Peseux, la moitié de mes camarades venaient de la région de Lecce. En rencontrant Mimmo, le musicien, on a évoqué le quartier populaire de notre enfance. Il se souvient que dans les «années Schwarzenbach», son père a voulu à plusieurs reprises faire ses valises. Sa maman a résisté, il sont restés. Beaucoup d'autres sont partis.

Dans notre terrain vague, on rejouait «La guerre des boutons» sans le savoir. Les bandes s'affrontaient sauvagement à coups de bâton au milieu de méchantes ronces. Un jour, les Mormons ont planté leur Eglise sur notre terrain de jeu, saccageant notre forêt vierge. Pour apprivoiser les gamins, ils ont offert sirop et séances de «Tom & Jerry» les mercredis après-midi. On n'était pas dupes, on apprenait.

De la «gentille» dame qui donnait le catéchisme, Mimmo garde un bon souvenir. Pas moi: un jour, écoutant derrière sa porte juste avant de frapper, je l'avais entendu dire à son fils de ne plus fréquenter «ce Carlos, il est Portugais». Ce jour-là, sur son paillasson, je n'ai pas sonné, mais je me suis fait une opinion: une forme d'innocence prenait fin. Bizarre. Durant cette campagne électorale, ce souvenir est souvent revenu. Parce que dans le quartier, aujourd'hui, il y a d'autres «moutons noirs». Et juste un constat: c'est un Portugais qui a mis sa première basse dans les mains de Mimmo. Et un Turc qui lui a tout appris.

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