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Le tonnage croît enfin

Depuis un an, Diviza n?a plus le monopole du tri des déchets de chantier mis en vrac dans les bennes. L?entreprise a pu baisser ses prix et donc accroître son volume de travail

09 sept. 2006, 12:00

Depuis une année et quelques jours, grâce à un arrêté du Conseil d?Etat, les entreprises et particuliers neuchâtelois n?ont plus l?obligation de transporter leurs déchets de chantier non triés sur le seul site de Diviza SA, à Coffrane. Autrement dit, le monopole dont disposait en la matière cette entreprise a juridiquement sauté. Elle ne s?en porte apparemment pas plus mal.

«Notre vie n?en a pas été bouleversée, dans la mesure où le monopole n?était de toute façon plus respecté, indique Dino Proserpi, président et directeur de la société. D?un autre côté, la suppression du monopole fait aussi disparaître le système des prix imposés par l?Etat. Dès lors, nous pouvons nous battre au niveau des prix, donc redevenir concurrentiels, notamment sur le marché des gros chantiers. Or, il y a eu, ces derniers temps, pas mal de grosses démolitions. Nous avons donc pu augmenter la quantité de déchets à trier chez nous.» De combien? Dix pour cent de plus, selon les chiffres arrêtés à fin juillet. Une croissance d?autant plus remarquable qu?auparavant, «c?était en baisse continuelle». Conséquence: alors qu?à l?époque du monopole, les pertes de Diviza entraînaient diverses opérations d?assainissement et des interventions de députés au Grand Conseil, l?entreprise, selon son président, «tend maintenant à l?équilibre». Ce qui ne veut pas encore dire qu?elle va faire la fortune de son propriétaire, l?entreprise de transports, démolitions et terrassements Von Arx, à Peseux. «Nous traînons une énorme dette reportée, explique Dino Proserpi. Un éventuel bénéfice servira donc à l?amortir et non pas à offrir un dividende.»

Plus finement broyés

Et, de toute façon, le tri des déchets n?est pas près de devenir une solide source de profits: «Certains matériaux, comme la ferraille, sont et resteront rentables. Mais le coût des déchets incinérables est devenu tellement important qu?il ne peut pas être compensé par le profit qu?on peut tirer des déchets recyclables.» Déchets dont les cours fluctuent un peu comme à la bourse. Il faut donc savoir vendre au bon moment. Et investir pour rationaliser le travail: «Par exemple, nous avons changé en 2005 l?installation de broyage. Comme les matériaux sont plus finement broyés, nous pouvons en mettre un plus grand tonnage dans chaque camion au départ de Coffrane. Ce qui fait baisser nos frais de transport.» Des frais souvent déterminants quant à la destination des déchets: «Ils sont trop élevés pour que Diviza cherche à démarcher des clients hors du canton», assure Dino Proserpi. Ce qui limite aussi les effets de la concurrence. Transporteur bien plus petit que Von Arx. Christian Gutmann ? qui a lutté juridiquement pour faire considérer comme anticonstitutionnel l?ancien monopole de l?entreprise de Coffrane ? assure même que, faute d?une vraie concurrence, «Diviza conserve toujours un monopole économique de fait». Du moins tant que le point de départ des déchets n?est pas trop loin de Coffrane. Et le centre de tri de Coffrane dispose toujours d?un socle de travail assuré du fait de son intégration dans le groupe Von Arx. «Dans certains cas, le critère du prix devrait amener Von Arx à transporter les déchets ailleurs, confesse Dino Proserpi. Certes, les deux sociétés ont des comptes séparés. Mais nous n?allons pas plomber bêtement l?une pour augmenter les profits de l?autre. La règle, c?est donc d?amener les bennes de Von Arx à Diviza.» /JMP

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