«Je partirai confiante»

La présidente du Conseil synodal démissionne pour raison de santé. A regret, elle estime n'avoir plus l'énergie nécessaire pour mener à terme les réformes de l'Eren Sans trompette, avec compassion, la nouvelle a été annoncée aux fidèles lors des cultes de dimanche. La présidente du Conseil synodal de l'Eglise réformée évangélique neuchâteloise (Eren), Isabelle Ott-Baechler, a démissionné pour fin août. La maladie d'Addison - affection des glandes surrénales dont souffrait aussi John Fitzgerald Kennedy -, dont elle n'a jamais caché être atteinte, ne lui aurait plus permis d'assumer sa tâche sans augmentation inconsidérée de sa médication.

24 janv. 2006, 12:00

«C'est dommage, mais ça fait partie de la vie, commente la pasteure. C'est un poste exigeant, qui demande du punch. On n'a pas fini d'avancer, de mener des changements dans l'Eglise. J'ai trouvé mieux de laisser la place à quelqu'un qui a l'énergie nécessaire pour le faire.»

Débat vif mais positif

Après «Eren 2003», une restructuration des paroisses sur la base de laquelle Isabelle Ott-Baechler avait été élue en 1999, le Conseil synodal a lancé l'an dernier un programme, «Convictions, priorités et choix», visant à recentrer l'Eglise réformée sur ses tâches essentielles. Ces intentions ont été adoptées en décembre par le Synode, mais avec d'âpres discussions. Les réserves exprimées, parfois vivement, n'avaient cependant pas découragé la présidente. «Je n'ai aucune lassitude, certifie-t-elle. J'aurais aimé continuer cette tâche passionnante.»

Isabelle Ott-Baechler affirme d'ailleurs que la journée synodale de samedi dernier à Peseux, qui a réuni 150 représentants des paroisses et centres de l'Eren autour de ces priorités et renoncements, a connu une belle dynamique.

«Ça discute, ça bataille, mais dans un état d'esprit constructif, évalue-t-elle. La partie n'est pas gagnée, il y a encore à faire. Mais la relève est là. Je partirai tout à fait confiante.»

Succession ouverte

Si elle en est la seule salariée, la présidente souligne «l'excellent travail d'équipe» qui règne au sein de l'exécutif de l'Eren. D'ailleurs, tout en comprenant son départ, dans un communiqué diffusé hier, le Conseil synodal s'en déclare attristé. Et il lui exprime sa «vive reconnaissance pour tout ce qu'elle a apporté à l'Eren».

Réélue en 2003, Isabelle Ott-Baecher a toujours dit qu'elle n'irait pas au-delà de deux mandats de quatre ans. Sa succession, prévue ainsi pour le 1er septembre 2007, s'en trouve avancée d'un an. Le nouveau président - forcément un ou une pasteur - sera désigné en principe en juin. Le bureau du Synode cherchera d'ici là les candidats potentiels.

Lors du Synode de décembre, des députés soulignaient le rôle important que Gabriel Bader a joué aux côtés d'Isabelle Ott-Baechler dans l'élaboration et la défense du programme «Convictions, priorités et choix». Le ministre s'est cependant refusé hier à commenter une éventuelle candidature. Et selon la présidente sortante, «tout est ouvert». /AXB