Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Elles «polluent» le village

La commune en a assez d'accueillir des antennes de téléphonie mobile «qui dénaturent le paysage». Pourtant, elle n'a rien pu faire contre Sunrise. Des villageois partent eux-mêmes en campagne contre l'opérateur Peseux en a marre des antennes de téléphonie mobile qui nuisent à l'esthétique du village! Depuis 2004, la commune se bat pour que l'opérateur Sunrise renonce à implanter une nouvelle installation technique, rue du Clos, dans le haut du village. «Peseux compte déjà cinq sites avec antennes de téléphonie mobile. C'est bien assez, explique Patrice Neuenschwander, directeur de l'Urbanisme. Et Sunrise est déjà implanté dans le village!»

23 avr. 2006, 12:00

Face à ce constat, le conseiller communal se pose bon nombre de questions: «Pourquoi a-t-on besoin d'autant d'opérateurs en Suisse? Où va-t-on s'arrêter, puisque l'on planifie déjà l'installation de nouvelles antennes UMTS (réd: Universal Mobile Telecommunications System, technique qui permet la vidéotéléphonie)?»

Alors qu'une majorité de communes de Suisse autorise depuis des années l'implantation d'antennes, souvent sans résistance et malgré des oppositions massives de la population, le Conseil communal subiéreux fait figure d'exception.

Août 2004, il admet les oppositions d'un groupe de 90 voisins de la rue du Clos et refuse à Sunrise son permis de construire.

Antennes bien cachées

L'opérateur réagit au quart de tour. Et recourt contre cette décision auprès du Département cantonal de la gestion du territoire, qui lui donne raison. Motif invoqué: l'autorité communale de Peseux ne dispose pas des compétences techniques suffisantes pour se prononcer sur l'implantation d'une antenne de téléphonie mobile. Le Conseil communal est outré: «Cette décision est une atteinte grave à l'autonomie communale et constitue une contradiction, puisque nous sommes appelés à délivrer le permis de construire sans pouvoir nous prononcer sur le fond», dénonce Patrice Neuenschwander.

La commune obtempère et délivre le fameux permis. Mais les villageois n'en restent pas là: fin 2004, les voisins les plus directement concernés partent eux-mêmes en campagne contre la fameuse antenne et recourent auprès du Tribunal administratif. Ils attendent actuellement la décision de l'instance supérieure. «Peseux est pollué d'antennes, déplore l'un des opposants. Celle de la rue du Clos bouchera une partie de la vue sur le lac et sera intégrée dans une fausse cheminée de 2,6 mètres de haut! Les opérateurs commencent à camoufler ces installations. Ça devient vraiment grave.»

Peur des effets sur la santé

D'autant plus qu'on ne connaît «toujours pas les effets des rayonnements des antennes sur l'organisme», ajoute son voisin. Une crainte qui inquiète bon nombre de citoyens, parmi lesquels les membres de l'ARA (Association romande pour la non-prolifération d'antennes de téléphonie mobile), ainsi que les 300 médecins signataires depuis fin 2005 de la pétition de Freienbach, qui considèrent «le développement de la construction de réseaux pour la téléphonie mobile comme inquiétant».

Le directeur de l'Urbanisme de Peseux est perplexe: «C'est aux opérateurs de démontrer le caractère inoffensif de leurs antennes. Ce qui, jusqu'à présent, n'a jamais été fait!» La Confédération vient toutefois d'allouer un crédit de cinq millions de francs au Fonds national de la recherche scientifique, pour étudier les éventuelles nuisances des antennes. «Le programme de recherche ne délivrera toutefois pas ses résultats avant 2009», annonce Philippe Trinchan, porte-parole du Fonds national.

D'ici là, les opposants à l'antenne de la rue du Clos n'auront que peu de moyens de prouver la nocivité de l'installation. Leur espoir: convaincre le Tribunal administratif que la cheminée de plus de deux mètres de haut constitue une atteinte évidente à l'esthétique du quartier. / VGI

Votre publicité ici avec IMPACT_medias