Chroniqueur de pans peu connus de l’histoire régionale, André Bandelier est décédé

Ancien professeur de français langue étrangère à l’Université de Neuchâtel, l’historien André Bandelier venait de publier aux éditions Alphil le journal de Robert Meystre, un lieutenant neuchâtelois mobilisé entre 1914 et 1918.
13 déc. 2021, 12:48
/ Màj. le 14 déc. 2021 à 18:00
Salon de l'association des ecrivains neuchatelois et jurassiens a la Maison du peuple. Ici au premier plan Andre Bandelier    La Chaux-de-Fonds 27 novembre 2016  Photo R Leuenberger

«Le sens et le plaisir de l’histoire, c’est mon père, chef décolleteur, qui s’est chargé de me les donner, le plus simplement, le plus naturellement du monde.» En 2002, l’historien André Bandelier rendait hommage à son père dans une contribution au livre collectif «Ego-histoires», paru chez Alphil.

Jurassien d’origine, mais établi depuis plus de cinquante ans dans le canton de Neuchâtel, André Bandelier a réussi à conjuguer, sa vie durant, sa passion de l’histoire et sa tâche de professeur de français langue étrangère à l’Université. Il est décédé samedi d’un arrêt cardiaque dans sa 82e année.

Cet enfant de Moutier, né en 1940, a d’abord obtenu un brevet d’enseignant primaire dans le canton de Berne avant de commencer des études universitaires pour accéder à l’enseignement secondaire.

Le journal du pasteur Frêne

Tout en travaillant dans les écoles, il a poursuivi son cursus à l’Université de Neuchâtel avec une licence en français et histoire, puis un doctorat, avec une thèse consacrée à Porrentruy sous la période napoléonienne. Dès 1968, il est chargé de cours puis professeur au Séminaire de français moderne de l’Université, devenu depuis l’Institut de français et littérature française.

Autre travail de titan, la publication intégrale (cinq volumes) du «Journal de ma vie» du pasteur Théophile Frêne de Courtelary. Cet intellectuel du 18e siècle fut «profondément un homme des Lumières», comme l’a décrit André Bandelier. La version originale de son journal est conservée aux archives de l’Etat de Neuchâtel.

A l’automne1989, l’enseignant séjourne durant plusieurs semaines à Pékin où il crée une section de français au Bureau chinois des services diplomatiques. Vingt ans plus tard, il en tirera un récit, «Tiananmen pour décor, chronique pékinoise».

Un Neuchâtelois mobilisé en 1914-1918

André Bandelier a été très engagé dans de nombreuses sociétés savantes jurassiennes et neuchâteloises. Il a ainsi animé le Cercle d’études historiques de la Société jurassienne d’émulation, mais aussi la Société d’histoire et d’archéologie du canton de Neuchâtel, et la Société suisse d’histoire économique et sociale.

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Cet automne, l’historien a publié chez l’éditeur Alphil ce qui sera son dernier ouvrage, le «Journal de mobilisation de guerre 1914-1918» du lieutenant neuchâtelois Robert Meystre. Ce dernier a consigné scrupuleusement, durant plus quatre ans, ses activités militaires qui racontent la vie quotidienne des mobilisés jusqu’à la grippe espagnole et la grève générale de 1918.

par Nicolas Willemin