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Bitume et matière grise

Le nouveau poste d'enrobage de Prebit incarne une double tendance en matière de revêtements routiers: développement durable et diversification des produits Dès octobre 2007, les véhicules qui monteront de Neuchâtel à Peseux par la H10 rouleront sur une route entièrement refaite (notre édition du 20 mai). Les couches d'enrobé bitumineux qui la recouvriront auront été fabriquées à 11 km de là, à Marin-Epagnier, dans une installation pratiquement neuve. La société Prebit (acronyme de préparation d'enrobé bitumineux) a en effet, cet hiver et ce printemps, investi 2,5 millions de francs dans une nouvelle tour d'enrobage et des installations complémentaires.

29 mai 2006, 12:00

Elles ont été mises en service début avril. Les entreprises associées au sein de Prebit veulent notamment y voir la marque d'un engagement supplémentaire en faveur du développement durable: «Nous fabriquons certes un produit qui permet de faire des routes, et ce n'est donc pas sur ce terrain qu'on nous attend a priori, admet Jean Beauverd, directeur de la société. Et pourtant...»

Réutilisation totale

Et pourtant, la nouvelle tour permet maintenant à Prebit d'incorporer dans ses préparations jusqu'à 35% d'enrobé de récupération, autrement dit ce que les entreprises enlèvent des routes à refaire. «Autrefois, une partie en tout cas de ces anciens enrobés allaient en décharge, rappelle Jean Beauverd. Aujourd'hui, on réutilise tout, soit tel quel pour faire des chemins, pour la préparation de nouveaux enrobés ou comme constituant des couches de fondation.»

Préparer de l'enrobé demande de la chaleur pour sécher les graviers et faciliter leur mélange avec le liant bitumineux. Pour économiser du gaz sur le séchage, Prebit a encore, dans le cadre de cet investissement, fait construire un couvert pour protéger les minéraux de la pluie. «Enfin, il faut signaler que la nouvelle installation fonctionne avec des commandes pneumatiques, ce qui supprime la source potentielle de pollution que constituait l'huile des commandes hydrauliques.»

En 45 ans d'existence, Prebit a ainsi mis en service son cinquième poste d'enrobage. «Ce travail a beaucoup évolué, souligne Jacques Béguin, responsable technique. Il y a 20 ans, on faisait trois types d'enrobés: un pour la couche de support, un pour le tapis, un pour les trottoirs. Aujourd'hui, notre liste de prix comprend 36 types, dont 20 sont fréquemment demandés.» Parmi eux, le fameux macrorugueux drainant et phonoabsorbant - qui revêtira la H10 entre Neuchâtel et Peseux -, mais aussi des spécialités plus ésotériques: saviez-vous qu'il existe un enrobé «spécial giratoires», censé résister au frottement intense induit par le fait que les roues opèrent un virage serré?

Distance et physique

«Il y a beaucoup de matière grise sous le noir», résume Jean Beauverd. Mais aussi de la concurrence: on trouve une demi-douzaine d'autres postes d'enrobage dans un rayon de 40 km autour de Marin.

Pourquoi 40 kilomètres? Parce que c'est à peu près le rayon d'action maximal d'une telle installation, donc la distance au-delà de laquelle la concurrence n'a plus de sens. Pour des raisons physiques: l'enrobé sort de la machine à une température de 160 degrés et doit être au minimum à 140 degrés au moment de la pose. Pour des raisons économiques également: au-delà d'un certain kilométrage, la redevance poids lourds devient rédhibitoire en regard du faible prix du matériau transporté. Déduction de Jean Beauverd: «Ce n'est pas demain qu'on verra de l'enrobé chinois sur nos routes». / JMP

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