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«Touche-zizi» condamné

Il avait eu les mains baladeuses sur son propre fils de 11 ans. Le père de famille écope de cinq jours de prison avec sursis Le 3 janvier 2004, un garçon de 11 ans téléphone à sa maman pour lui annoncer, en pleurs, que son père lui a «touché le zizi» le matin même. L'enfant est auditionné par la police: son papa lui aurait «tâté les parties génitales» alors qu'il était en caleçon et s'amusait devant des jeux vidéo. Quelques instants après ces déclarations, le fils cadet avoue qu'il lui est arrivé «la même chose» le jour d'avant.

11 févr. 2006, 12:00

L'accusé, âgé d'une soixantaine d'années, prétend d'emblée que s'il a touché le sexe de son fils aîné, c'est «par accident» alors qu'ils étaient «en train de jouer». Il n'a jamais eu de «mauvaise intention». Selon lui, ses enfants subissent l'influence d'une mère qui aurait manigancé l'affaire afin d'obtenir un droit de garde exclusif. Les parents sont divorcés depuis quelque temps, et la maman a déjà porté plainte contre Jacques *(prénom fictif), son ex-mari, pour abus sexuel sur deux de leurs enfants, engageant une procédure dont il est sorti blanchi.

Pas dans le but d'exciter

Qui croire quand il n'existe aucun témoin pour confirmer ou infirmer la version de jeunes enfants? Cette fois-ci, les faits sont-ils bien réels? Le juge Pierre Aubert a qualifié l'affaire d'«embrouillée». Pourtant, il a dû trancher.

Jeudi, le président du Tribunal de police de Neuchâtel a condamné le père de famille à cinq jours de prison avec sursis. Soit un verdict beaucoup plus clément que celui requis par le ministère public, qui demandait trois mois d'emprisonnement ferme. «Le rôle direct de la mère le jour des faits est nul, selon Pierre Aubert. C'est l'aîné lui-même qui a pris l'initiative de téléphoner pour dénoncer l'agissement de son père.» Le juge ajoute qu'en visionnant les enregistrements de la police, on constate que l'émotion de l'aîné est bien réelle. «On ne peut pas penser qu'il ne s'est rien passé. Jacques a volontairement mis la main sur le sexe de son fils.»

Par contre, au vu de la tournure de l'attouchement, le juge pense qu'il n'y avait pas de «dessein d'excitation» de la part du père. «C'est un geste de gravité mineure, qui serait peut-être passé inaperçu dans un autre contexte. Mais pas dans ce climat de suspicion d'abus sexuel.» Selon lui, ce geste était maladroit. Et il a de toute évidence touché l'aîné dans sa pudeur. C'est pourquoi le sexagénaire a écopé d'une peine avec sursis. Le tribunal a, par contre, abandonné l'accusation concernant le cadet. «L'affaire était plus délicate ici. Le jeune fils a repris des phrases du récit de son frère, et son témoignage était confus.»

Des gestes à éviter

Pierre Aubert a finalement déclaré que la peine d'arrêt était «plus symbolique qu'autre chose», et qu'elle visait à montrer qu'il valait mieux s'abstenir de ce genre de gestes avec des enfants. «Le tribunal espère que cette affaire sera la dernière à perturber cette famille», a-t-il lancé en refermant son dossier. / VGI

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