«Magnificat» et «Requiem», un concert tourné vers l'autel

25 mars 2008, 12:00

On se sentait bien Vendredi saint en la collégiale de Neuchâtel. Après avoir bravé la tempête qui a affecté nombre de mélomanes et de paroissiens sur le chemin de l'église, on a vécu en ce lieu de substantielles compensations. Tandis que la musique prenait son envol avec le ch?ur Da Camera et l'Orchestre de chambre de Neuchâtel (OCN), dirigés par Philippe Huttenlocher, le faste musical du «Magnificat» de Monteverdi créait chez l'auditeur une sorte de catharsis.

Du temps de Monteverdi, la tradition religieuse était très forte, les contraintes sévères avaient encore leur pleine vitalité. Cependant, on sent courir dans la musique religieuse de Monteverdi un esprit de liberté qui éclate dans les «Vêpres» de 1610, d'où est extrait le «Magnificat à six», interprété vendredi, chef-d'?uvre du genre, probablement l'?uvre la plus étonnamment baroque du génie monteverdien. On se souvient que les interprétations de Philippe Huttenlocher, baryton, des ?uvres de Monteverdi lui ont valu les plus hautes distinctions internationales.

Puis le ch?ur Da Camera et les musiciens ont présenté la version de 1893 du «Requiem» de Gabriel Fauré. Dès le début, on est saisi par le climat de ferveur créé par le chef et les solistes, et cela aux différents sens du mot, matériel et spirituel. Sans abuser des contrastes, dans une émotion contenue, entièrement intériorisée, cette interprétation varie l'éclairage des différentes parties de l'?uvre, «Introït», «Kyrie», «Offertoire», «Sanctus», «Pie Jesu», «Agnus Dei», «Libera me», qui se terminera dans la lumière idéale du «In Paradisum». Le souffle fauréen a été intégralement rendu.

Le ch?ur Da Camera est pour beaucoup dans cette réussite et l'Orchestre de chambre de Neuchâtel est apparu, une fois de plus, comme un partenaire indispensable dans la région. Relevons les mérites des solistes Christophe Gindraux, Dequn Sun, ténors, Philippe Huttenlocher, baryton, Claire-Isabelle Attinger, Arielle Grétillat, sopranos, tous animés par la même foi et le même idéal de perfection.

Selon la requête des organisateurs, en ce temps liturgique, les auditeurs, debout, ont manifesté silencieusement leur reconnaissance aux interprètes.