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Les gargouilles de la Collégiale descendent en ville

La galerie YD expose des photos et des sculptures de chimères rarement vues de si près.

12 mai 2011, 11:11

«On peut bien prendre des photos depuis le bas de la Collégiale, mais ça ne donne rien. Même avec des jumelles, on ne voit pas ces visages», constate Josy Taramarcaz, photographe, lorsqu'il évoque les chimères, ces facétieuses figures médiévales qui semblent narguer le monde depuis les sommets de la Collégiale. Il lui fallait donc prendre de la hauteur, ce qu'a permis la pose d'échafaudages dans le cadre de la restauration du bâtiment.

Aujourd'hui, les créatures fantastiques surplombant la cité investissent le bas de la ville. Jean-Marc Chappuis expose à la galerie YD des modelages en terre, inspirés des chimères originales, tandis que Josy Taramarcaz présente des photographies panoramiques d'une ville de Neuchâtel, rarement exposée ainsi.

«Les gargouilles, c'est une vieille fascination qui remonte à quand j'était tout petit», explique Jean-Marc Chappuis. «Ces êtres magiques et mystérieux, ça faisait rêver l'enfant que j'étais. Alors quand j'ai commencé la céramique, j'ai tout de suite modelé des dragons, des gargouilles et autres figures fantastiques.»

Le mystère demeure

A Neuchâtel, l'histoire des chimères - ce terme est plus exact que celui de gargouille, qui recouvre l'idée d'évacuation de l'eau, ce qui n'est pas le cas ici - demeure nappée de mystère. Installées lors de la restauration massive de la Collégiale en 1870, elles n'ont depuis cessé d'intriguer. Qui les a sculptées? A la demande de qui? Et quelle fonction, sinon décorative, leur était attribuée? «On ne peut qu'émettre des hypothèses à ce sujet. On suppose que ces figures, qui ont surtout les traits de visages de chiens et de chats, servaient à chasser les démons des lieux, comme le veut la tradition», se hasarde Jean-Marc Chappuis.

Pour cette exposition, le sculpteur s'est appuyé sur les photos de son ami Josy Taramarcaz. Employant jusqu'à 17 types de terres différentes, l'artiste s'est alors attaché à reproduire presque à l'identique - «Je me suis permis quelque écarts pour gagner en expressivité», précise-t-il - les huit chimères qui ornent les deux tours de la Collégiale. Il a effectué le même travail pour une vingtaine de visages - au nombre de 48 au total - gravés eux aussi dans la pierre des deux tours.

«Nous avons vraiment voulu profiter de la chance extraordinaire qui nous a été donnée de voir de plus près ces objets qu'on aperçoit pas bien d'en bas», explique Josy Taramarcaz. «On a découvert des magnifiques choses là-haut, une richesse inexplorée. Et moi, ça m'a permis d'offrir des vues inédites de Neuchâtel, photographiée sous plusieurs angles et à différentes saisons.» / ndo


«Regards de gargouilles» jusqu'au 4 juin à la galerie YD, rue Fleury 6, à Neuchâtel.

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