Des doutes sur la place du conducteur de la rame

Des centaines de personnes ont rendu hommage à Jeanne Aubert.

16 août 2012, 06:49
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Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage hier à Jeanne Aubert, cette Neuchâteloise de 17 ans décédée le 7 août près de Madrid (Esp) à la suite d'un invraisemblable accident de métro. Tout ce que compte la République de magistrats, d'avocats et de politiciens en activité ou à la retraite s'est déplacé à la Collégiale de Neuchâtel pour assister à la cérémonie religieuse. L'église est vite apparue trop petite pour accueillir la somme de Neuchâtelois venus honorer la mémoire de la fille de la juge Claire-Lise Aubert Mayor et du procureur général Pierre Aubert. Des dizaines et des dizaines de jeunes ont également participé à ce service funèbre pour accompagner, en silence, la douleur et le chagrin des proches de la défunte. A l'issue du culte, inconsolables, les joueuses de Neuchâtel Xamax 1912, club avec lequel jouait Jeanne Aubert, ont passé un maillot rouge et noir sur les épaules. En cercle, elles ont ensuite levé un doigt vers le ciel.

 

Drame à élucider

 

Reste désormais à comprendre les circonstances du drame (nos éditions des 9 et 10 août). Trois enquêtes indépendantes ont été lancées en Espagne pour déterminer les causes de cet accident qui a aussi blessé, légèrement, la femme et l'enfant de 4 ans du directeur de la maintenance. Mais les syndicat, association de conducteurs et comité d'entreprise pressent la direction de Metro Madrid de s'expliquer. Pour ces observateurs, la rame roulait nettement plus vite que les 20 km/h autorisés sur cette ligne d'essais longue de 800 mètres. "Vu l'amas de ferraille, ce convoi roulait à plus de 40 km/h quand il s'est écrasé contre le talus en fin de voie" , relève un de nos interlocuteurs sur place, en assurant que cette rame était équipée d'un système de freinage automatique. Selon la presse locale, cette rame était dotée d'au moins quatre systèmes de freinage.

L'autre interrogation a trait à la position des corps dans la carcasse du train: celui du directeur de la maintenance n'était apparemment pas à proximité du poste de pilotage, qui ne compte qu'un seul siège. "Un de ses bras pendait par la fenêtre gauche a rapporté la première personne arrivée sur les lieux" , explique un responsable syndical, qui demande des comptes à la direction de la compagnie, laquelle posséderait tous les enregistrements de l'accident.