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Abusait-il vraiment de ses fils?

La soixantaine, il aurait commis des actes sexuels sur ses propres enfants. Il venait pourtant d'être blanchi dans une affaire similaire. L'accusé crie au complot Jacques*, la soixantaine, a-t-il réellement touché le sexe de ses deux jeunes fils de manière volontaire? Ou s'agit-il, comme le prétend son avocat, d'un coup monté par son ex-femme à la suite d'un «divorce mal digéré»? Aperçu de l'audience qui s'est déroulée jeudi devant le Tribunal de police de Neuchâtel.

15 janv. 2006, 12:00

La version de Bernard*, le témoin. Le 3 janvier 2004, Bernard, assistant social, reçoit un téléphone de la mère de deux enfants dont il est le curateur. La femme raconte que son fils aîné, onze ans, vient de l'appeler depuis le domicile de son père. Il était en pleurs et affirmait que son papa lui avait «touché le zizi» le matin même. Bernard appelle lui-même le garçon, qui confirme les faits, puis se rend immédiatement auprès de lui. Sur place, le père prétend qu'il ne s'est rien passé, mais Bernard est persuadé du contraire. De son propre chef, il se rend à la police avec le garçon et son frère cadet, âgé de neuf ans. Au poste, l'aîné témoigne. Il explique que son père lui a «touché les parties génitales alors qu'il était en caleçon et s'amusait devant des jeux vidéo». Dans la voiture sur le chemin du retour au domicile de la mère, Bernard entend le cadet déclarer qu'il lui est arrivé «la même chose» le jour d'avant.

Selon le rapport de police, le fils cadet a effectivement déclaré que son père lui avait pommadé le ventre à trois reprises et qu'il était descendu plus bas.

La version de Jacques*, l'accusé. Si le sexagénaire a touché le sexe de son fils, c'est «par accident» alors qu'ils étaient «en train de jouer». Il n'y a pas eu de «mauvaise intention» de sa part. Jacques aurait effectivement mis de la pommade sur le ventre du cadet, mais une seule fois, et devant les yeux de son amie. «Elle peut témoigner que je n'ai rien fait.» Le père estime que ses enfants subissent l'influence de leur mère, qui a manigancé l'affaire afin d'obtenir un droit de garde exclusif.

Ce qu'il faut savoir pour saisir le cas. Le prévenu vient de sortir d'une précédente procédure pour abus sexuels sur ces deux mêmes enfants, lors de laquelle il a été blanchi.

Le plaidoyer de l'avocate de la mère des enfants. «Malgré le précédent jugement, je reste persuadée que les faits se sont bien produits.» L'avocate se demande pourquoi les enfants ont traité leur père de «PD» après les événements s'il n'y avait pas de connotation sexuelle. De plus, elle précise que l'aîné avait fugué quelques fois pour aller voir son père et qu'il s'entendait particulièrement bien avec lui. «Pourquoi l'accuserait-il alors? Cette fois, il est temps de tenir compte de la parole des enfants. Avant que le père ne recommence encore.»

Le plaidoyer de l'avocat de l'accusé. «Mon client a été considéré comme innocent lors du précédent jugement», rappelle l'avocat de l'accusé. Il souligne que, selon des chiffres de la police, «25% des cas de pédophilie ne sont finalement que de fausses accusations». D'après lui, le contexte de l'affaire est le même que la dernière fois: «Un divorce mal digéré, une situation tendue, des contestations pour le droit de visite.» L'avocat estime que les gestes dont Jacques est accusé ne sont «pas constitutifs d'un infraction».

Il risque trois mois ferme. Jeudi, le juge Pierre Aubert a tenté de faire la lumière sur cette affaire «peu claire». Le prévenu risque trois mois de prison ferme. Affabulations de la mère? Enfants manipulés? Attouchements réels? Le verdict tombera jeudi prochain. / VGI

* prénoms fictifs

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