Vrai plébiscite pour Laurent Kurth

Le Parti socialiste a choisi qui devrait succéder à Jean Studer.

20 août 2012, 11:10
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Par 105 voix sur 141, le Parti socialiste neuchâtelois (PSN) a désigné, samedi, le conseiller communal chaux-de-fonnier Laurent Kurth comme candidat à l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 14 octobre prochain.

Les deux autres papables, soit Mario Castioni, de la section de la ville de Neuchâtel et Patrick Bourquin, de celle de Corcelles-Cormondrèche, ont respectivement obtenu 23 et 11 voix. Le congrès électoral, qui s'est tenu à Corcelles-Cormondrèche, visait à choisir lequel de ces trois candidats serait le candidat socialiste pour la succession de Jean Studer, avant les élections cantonales de 2013.

A l'issue d'un débat de deux heures, le verdict est tombé, clair comme de l'eau de roche.

Laurent Kurth, vous partiez favori. Le résultat obtenu ne doit donc guère vous étonner?

Rien n'est jamais gagné d'avance. Ce matin, les membres du congrès ont pu s'exprimer et leur choix est une belle marque de confiance. A présent, c'est au tour des citoyens de réfléchir avant de se prononcer.

Justement, la candidature de Louis Dubois, membre de l'Entente bevaisanne, provoque un passage obligé par les urnes le 14 octobre prochain. Cela vous ennuie-t-il?

Au contraire. Je suis plutôt content que cette élection populaire ait lieu. Elle me permettra de mener une campagne, de me rapprocher des citoyens et de sentir s'ils soutiennent le choix du parti.

Le citoyen lambda a plutôt de vous l'image d'un politicien technocrate. Est-ce la réalité?

Le retour que j'ai de mes collaborateurs est assez différent. Ils me reconnaissent une capacité à rassembler et à entraîner un groupe. Mais j'admets devoir un peu travailler mon image publique.

Vous seriez-vous présenté aux élections cantonales de 2013 si vous n'aviez pas été choisi aujourd'hui?

Non. J'aurais renoncé. Ma fonction de conseiller communal à La Chaux-de-Fonds est importante et me plaît. Mon choix de me présenter à la succession de Jean Studer a laissé planer une incertitude parmi mes collègues. Je n'aurais pas souhaité la faire durer.

Jean Studer. Venons-y. En automne 2008, vous aviez dénoncé ses méthodes autoritaires. Avez-vous, ensemble, évoqué votre candidature?

Il n'a pas souhaité prendre position dans le cadre de sa succession, mais nous nous entendons très bien. Il est vrai qu'il m'a exaspéré lorsqu'il a imposé aux communes 15 millions de charges supplémentaires. Nous avons eu des échanges très vifs.

On a du reste souvent considéré votre prédécesseur comme étant le meneur du Conseil d'Etat. Allez-vous le remplacer dans ce rôle?

Absolument pas. La collégialité constitue ma préoccupation première. Les décisions doivent être prises en commun après avoir confronté les idées.

Cette vision n'est-elle pas un peu utopique vu les dissensions existant au sein du Conseil d'Etat?

L'image de l'exécutif cantonal, dont le moral n'est pas au beau fixe, n'est pas bonne et l'on doit s'en inquiéter. Il s'agit de dialoguer pour y remédier. La collégialité est à mes yeux un dossier comme les autres, un défi. Elle est indispensable, mais il faut y travailler ensemble pour l'établir.

Le clivage Haut-Bas a été évoqué à plusieurs reprises durant le congrès. Qu'en pense l'élu des Montagnes que vous êtes?

Ce clivage existe encore car le canton manque de direction claire. Chacun se replie dans son coin. Or le repli appelle l'affrontement. Là encore, il faut cultiver le dialogue pour réaliser des choses communes. C'est possible. Regardez Viteos, réalisation des trois villes.

Prochain enjeu de taille, la votation sur le RER, le 23 septembre, dont vous êtes un fervent défenseur. Un mot à ce sujet?

Le RER est essentiel si le canton ne veut pas se marginaliser. Les gens craignent son coût, mais ne veulent pas voir ceux qu'engendrerait sa non réalisation.

Florence Natter a relevé que votre coeur travaillait dans le Haut mais battait dans le Bas. Allez-vous déménager?

(Sourire) Je suis un enfant de La Chaux-de-Fonds.