Multinationales responsables: des Neuchâtelois s’engagent pour le oui

Des personnalités politiques neuchâteloises issues du PLR, du PDC, des vert’libéraux et des Verts ont expliqué, ce jeudi matin, pourquoi ils soutiennent l’initiative «pour des multinationales responsables».
29 oct. 2020, 12:29
Des cartes postales en faveur de l'initiative.

Son portrait apparaît en grand sur des affiches placardées dans tout le canton de Neuchâtel. Le libéral-radical Marc-André Nardin, député au Grand Conseil, fait partie des politiciens du centre droit et de droite qui soutiennent l’initiative «pour des multinationales responsables». Même des représentants de la droite dure, à l’image de l’UDC du Valais romand, disent oui à ce texte qui sera soumis au peuple suisse le 29 novembre (par ailleurs soutenu par tous les partis de gauche).

«La Suisse doit sa réussite à un ordre économique libéral. Pour le préserver, un cadre juridique clair est nécessaire. Il ne peut être amené que par cette initiative, car le contre-projet n’est rien d’autre qu’un alibi.» Tels sont les propos tenus par Marc-André Nardin dans un communiqué diffusé ce jeudi par des politiciens neuchâtelois. On y trouve aussi Maxime Auchlin, secrétaire général des vert’libéraux, Nathalie Schallenberger, coprésidente cantonale du PDC, et la Verte Céline Vara, conseillère aux Etats.

«La qualité suisse»

Pour toutes ces personnalités, «l’initiative vise une évidence. Lorsque Glencore pollue des rivières au Congo et l’air en Zambie, lorsque la multinationale suisse du ciment LafargeHolcim étouffe des habitants au Nigeria avec des particules fines ou que la bâloise Syngenta vend des pesticides toxiques depuis longtemps interdits chez nous, elles doivent en être tenues responsables.»

Selon Céline Vara, «nous avons vu, ces dernières années, à quel point les mesures volontaires prises par les multinationales ne suffisaient pas à garantir que toutes respectent enfin les droits humains et les standards environnementaux.» Nathalie Schallenberger a renchéri: «Les multinationales impliquées dans des violations des droits humains sont toujours les mêmes. Or quiconque commet un dommage doit répondre de ses actes.»

Cette initiative ne met-elle pas en péril des intérêts helvétiques? Maxime Auchlin répond par la négative: «Selon moi, éthique, protection de la nature et attractivité économique peuvent et doivent aller de pair. C’est aussi ça, la qualité suisse.»

par Pascal Hofer