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Morsures en diminution

L'émotion soulevée par la décision judiciaire - encore susceptible d'un recours - d'euthanasier une chienne d'une race a priori sympathique ne retombe pas. Le vétérinaire cantonal livre des chiffres encourageants «Dès que vous touchez aux animaux, vous suscitez ces réactions». Le vétérinaire cantonal, Pierre-François Gobat, n'est «absolument pas étonné» que le cas de Tchanka, évoqué dans ces colonnes, ait soulevé une telle vague d'émotion. «Lorsque j'ai lu votre premier article, j'ai su que cela allait provoquer de fortes réactions. Le simple fait d'annoncer une euthanasie» ne pouvait que soulever les passions, estime-t-il.

07 déc. 2006, 12:00
«Toucher le chien, c'est comme toucher le maître»

Avoir suscité près de 1400 clics pour un sondage le week-end dernier ne l'impressionne donc pas. «Dans le cas d'Areuse (réd: un détenteur d'animaux avait été dénoncé et condamné, en 2002, pour mauvais traitement non intentionnel envers une cinquantaine de chats et huit chiens), j'avais reçu 7700 signatures en deux semaines et demie, récoltées par des particuliers, sans l'appui d'aucun groupe ou parti politique», rappelle-t-il. «On exigeait que j'empêche cette personne de détenir des animaux. J'avais déjà pris ma décision en ce sens. Pourtant, chaque matin, les cartons de signatures affluaient. Il y a même eu des banderoles sur l'autoroute. Une vraie folie!»

La virulence et de certains propos ne l'étonne pas non plus. Toucher à la vie d'un animal de compagnie, cela touche à tel point «à l'émotivité et à la sensibilité» que «c'est difficile à gérer», reconnaît-il. «Toucher le chien, c'est comme toucher le maître.» Les réactions des victimes sont également vives. Le vétérinaire cantonal est pris entre ces deux séries d'intérêts antagonistes. «Nous devons assurer la protection des personnes et la sécurité publique. Et, à niveau égal - l'une ne vaut pas moins que les autres -, nous sommes soumis à la loi sur la protection des animaux.» Sans oubliez que, depuis maintenant trois ans, les animaux ne sont plus des choses. Conclusion: «Il faut toujours trouver la mesure la plus appropriée pour respecter les deux côtés de la balance!»

Lorsque la décision - douloureuse - doit être prise d'euthanasier un animal, le service vétérinaire use dans la majorité des cas de la discussion et de la persuasion.

Et ça fonctionne plutôt bien.

Au total, il y a par année «entre 10 et 20 chiens qui sont euthanasiés» dans le canton. Sur ce nombre, selon les années, ce sont «entre zéro et six chiens» pour lesquels l'euthanasie résulte d'une décision du service. Les autres euthanasies, la majorité donc, résultent de la libre décision des détenteurs qui ont été contactés à la suite d'une morsure dont leur animal s'est rendu coupable. «Il est réjouissant de constater que la plupart des euthanasies sont décidées par les détenteurs eux même», estime Pierre-François Gobat.

La législation, rappelle-t-il, fait depuis quelques années obligation aux médecins, vétérinaires et cynologues - mais pas à la police -, de transmettre tous les cas de morsures au vétérinaire cantonal. C'est sur cette base que le service entame le dialogue avec les détenteurs concernés et, dans certains cas, ordonne des euthanasies.

Ce fonctionnement n'a rien à voir avec la machine pénale. Le vétérinaire cantonal ne sait pas combien la justice ordonne d'euthanasies de chiens par année, comme dans le cas de Tchanka. Au Ministère public, on ne tient aucune statistique de ce genre, nous a confirmé hier le procureur Pierre Cornu.

Parallèlement à la nouvelle législation, le service a mis sur pied une politique d'information et de prévention. «On commence à en cueillir les fruits», estime le vétérinaire cantonal, rappelant notamment que deux groupes d'éducatrices visitent les classes enfantines et primaires. «Nous observons une baisse régulière des morsures», se réjouit Pierre-François Gobat.

Ainsi, en 2002, première année de l'obligation d'annoncer les cas, 120 morsures ont été répertoriées.

Entre 2003 et 2005, le service a enregistré entre 80 et 90 cas, ce qui représente une diminution de 25 pour cent.

Cette année, «au 6 décembre, on est à 65 cas annoncés», indique le vétérinaire cantonal. «On sera en dessous de la moyenne des dernières années». Pierre-François Gobat espère bien que l'an prochain «on aura diminué de moitié par rapport à 2002». / LBY

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