Mixité culturelle et générationnelle à la fête sénégalaise

02 juin 2009, 05:50

Samedi soir, les boubous colorés ont dansé avec les T-shirts et jeans extralarges, les brushings ordonnés ont refait le monde avec les tresses et dreadlocks, les sons électroniques de la hip-hop se sont mêlés à ceux, acoustiques, des instruments traditionnels et les beignets aux senteurs exotiques se sont mariés aux crus locaux. La deuxième édition de la grande fête sénégalaise, organisée à la Cité universitaire à Neuchâtel, a connu un véritable succès, tant du point de vue de la fréquentation que de la mixité des cultures et des générations.

«Cette année, nous avons mis l'accent sur la jeunesse, à l'instar du programme Neuchàtoi 2009», précise Zal Saliou Ndiaye, président de l'Amicale sénégalaise de Neuchâtel, organisatrice de la manifestation. D'où une programmation musicale qui a un peu déstabilisé les aînés en début de soirée. Les organisateurs ont, en effet, invité les jeunes de la région à se produire sur scène, ce qu'ils ont fait sur des sonorités rap et hip-hop. Pari réussi pour Zal Saliou Ndiaye, qui se réjouit de la présence plus importante de la jeunesse que lors de la première édition.

Les sons électroniques ont ensuite fait place aux apaisants accords du cora. «C'est l'instrument fétiche des griots, les historiens oraux, gardiens du patrimoine du Sénégal», explique le président de l'amicale. «Eux seuls peuvent en jouer, ce sont des initiés.» Sur scène, Cissokho Noumoucounda, un griot venu tout exprès du Sénégal, a envoûté la salle de sa voix, accompagné d'enivrantes percussions. Le Neuchâtelois Junior Tshaka et la star du rap sénégalais Didier Awadi ont ensuite pris le relais avec leurs textes engagés.

Cette grande fête n'a pas été seulement celle de la musique et des rencontres, mais également celle de la sensibilisation. Les enfants ont été invités, en fin d'après-midi, à découvrir un atelier de récupération et à transformer des déchets en objets d'art.

Bouteilles en PET, cartons, bouts de tissu, ficelle, restes de scotch, vieilles chaussures, vieux jouets et journaux usagés ont retrouvé une seconde vie dans les mains des enfants, guidés par un artiste. Leurs œuvres ont ensuite été exposées, le temps de la soirée, dans l'annexe jouxtant la salle de fête.

Zal Saliou Ndiaye n'a pas manqué de relever que la présence de l'ambassadeur du Sénégal en Suisse, ainsi que de la représentante de la Ville Françoise Jeanneret et du délégué aux étrangers Thomas Facchinetti lui avait fait chaud au cœur.

Mixité culturelle et générationnelle à la fête sénégalaise