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«Les poubelles de Neuchâtel se transforment en coffre-fort»

14 sept. 2011, 09:05

Que les poubelles puissent renseigner les autorités sur leurs citoyens, même l'écrivain George Orwell n'y avait pas pensé. C'était pourtant la grande inquiétude du Parti socialiste, qui par une interpellation au traitement prioritaire, a demandé lundi soir à l'exécutif de s'expliquer sur l'installation dans la ville de conteneurs enterrés, munis d'un système d'ouverture à activer avec une carte magnétique.

«La présence d'un lecteur sur les conteneurs n'est pas nouvelle, c'est son activation par la carte magnétique qui l'est», a rappelé Pascal Sandoz, conseiller communal en charge des Infrastructures. «Nous avons procédé à l'activation de ces lecteurs dès septembre 2009 dans le quartier de l'église rouge. Cette mesure-test, concernant 120 ménages, a été suivie d'un sondage, qui a montré que près de 90% des usagers se déclaraient «tout à fait satisfaits». La plupart n'ont pas rencontré de difficultés lors de l'utilisation, 52% estimant par contre que la propreté a été améliorée dans le quartier», faisait-il remarquer.

Aujourd'hui, cette phase-test est terminée et le principe de la carte magnétique devrait s'étendre à tous les quartiers de la ville de Neuchâtel dans le courant de l'année prochaine. «Une centaine de conteneurs doivent encore être installés. Dès que cela sera fait, nous pourrons activer tous les lecteurs de carte en une seule opération», révèle Pascal Sandoz par téléphone. Et ainsi de bloquer l'accès à ceux qui ne détiendraient pas la fameuse carte, que chaque ménage neuchâtelois recevra en temps voulu. «Il faudra faire une demande pour en obtenir une deuxième auprès du contrôle des habitants», précise le conseiller communal.

Tourisme des déchets fini?

Le lancement de ce système inquiète la gauche qui craint une surveillance des utilisateurs. «Les poubelles de Neuchâtel se transforment en coffre-fort», s'est exclamé le socialiste Matthieu Béguelin lors de la séance.

Face à ces légitimes interrogations sur la protection des données, Pascal Sandoz a insisté sur le fait que les cartes numérotées - et non nominales - «ne donnent pas d'informations sur les usagers. La seule chose que l'on sait, c'est que le conteneur X a été ouvert Y fois. Et l'on sait qu'après tant d'ouvertures, la poubelle est pleine et que le camion doit passer.» Cette rationalisation du ramassage, «qui permettra des économies», selon Pascal Sandoz, se double selon le conseiller communal d'un autre avantage, celui d'éviter un tourisme des déchets. «Pas toutes les communes seront bien équipées lors du passage à la taxe au sac. Nous ne voulons pas que leurs habitants viennent déposer leurs déchets chez nous», a-t-il déclaré.

Le troisième avantage, avancé en 2006 lors de la présentation d'un rapport à ce sujet, ne tient plus. Il consistait à faire payer la taxe au sac directement avec la carte, conservant ainsi le système des sacs poubelles actuels plutôt que d'en faire des différenciés. Mais le canton s'était opposé à ce principe. Pascal Sandoz ne perd toutefois pas espoir qu'à la fin de la période probatoire de la taxe au sac - cinq ans -, le canton revoie sa position.

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