Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Les multiples possibles de Yuri Bashmet

06 févr. 2010, 09:45

CRITIQUE -
PAR DENISE DE CEUNINCK

Le concert de Yuri Bashmet et des Solistes de Moscou présenté par Les Grands Interprètes, jeudi au temple du Bas à Neuchâtel, a proposé, dans sa première partie, un couplage particulièrement heureux de compositeurs russes, Tchaïkovski et Schnittke qui, à un siècle de distance, ont recherché l'apaisement.

La Sérénade pour cordes op 48 de Tchaikovski concilie les quatre tempéraments du compositeur, le classicisme, l'attachement à une société déterminée, symbolisée par la valse sentimentale, l'intimité, l'ombre, jusqu'au final où les violoncelles reprendront le thème qui ne vous quittera plus. Les tempos de Yuri Bashmet, ici à la direction des Solistes, sont assez retenus, toujours très humains. On est ébloui par le bloc marmoréen constitué par les violons. Une fois de plus on admire sans réserve les cordes russes.

Puis en soliste Yuri Bashmet offre une ardente version du Monologue pour alto et orchestre op 206 d'Alfred Schnittke. On ressent l'écriture finement ouvragée, les sonorités irisées, accents de gaieté et de mélancolie, bouffées de passé ensorcelantes. L'ouvrage, polystylistique, est révélateur du dernier Schnittke intégrant son écriture dans une couleur teintée d'expressionnisme. Bashmet et l'orchestre la transmettent chargée d'émotion. Victime désignée de la bureaucratie soviétique Schnittke a tenté de cacher son désespoir dans l'humoristique Polka, offerte en bis.

On est captivé par la sensibilité avec laquelle Yuri Bashmet conduit la symphonie concertante pour violon et alto de Mozart, par sa façon de mener ses phrases dans l'andante. En invitant le violoniste Stepan Jakovich, à ses côtés, on relève l'élégance, le dévouement du maître envers les jeunes musiciens mais il ne saurait être ici question de comparaison. En bis Les Solistes de Moscou ont offert une page de Jean-Sébastien Bach.

Quatre étudiants de la HEM Genève-Neuchâtel - une étudiante y ayant renoncé - ont pris part, le c½ur battant, à la master class conduite par Yuri Bashmet. «Inoubliable!» dit Davide Montagne.

Votre publicité ici avec IMPACT_medias