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Les motifs de la disparition des abeilles

11 févr. 2010, 04:15

A quatorze ans, Jean-Daniel Charrière élevait ses premières abeilles. Devenu ingénieur agronome EPFZ, ce Biennois de 45 ans travaille aujourd'hui pour le projet «Recherches apicoles» de la station d'essais Agroscope Liebefeld-Posieux (ALP) de l'Office fédéral de l'agriculture. Invité par la Société neuchâteloise de sciences naturelles, il a prononcé hier soir à Neuchâtel, dans un auditoire du Muséum d'histoire naturelle archi-plein, une conférence sur le thème: «Pertes de colonies d'abeilles: où se trouve le coupable?»

Jean-Daniel Charrière, qu'est-ce qui peut faire qu'un apiculteur perd, apparemment d'un coup, toutes ses abeilles?

Les abeilles quittent généralement la ruche quand elles arrivent en fin de vie. Par ailleurs, il n'est pas certain que la ruche se vide d'un coup. Peut-être que quand l'apiculteur voit pour la dernière fois des abeilles voler près de sa ruche, en novembre, la colonie ne compte déjà plus que 2000 individus au lieu des quelque 10 000 auxquels on peut normalement s'attendre. La colonie est alors formée d'abeilles d'hiver, censées survivre jusqu'au printemps. Mais, pour qu'elles y arrivent, elles doivent être en pleine santé. Si la colonie est affaiblie par un virus ou un dérèglement hormonal, elle risque fort de ne pas passer l'hiver.

Ces disparitions de colonies sont-elles plus fréquentes aujourd'hui?

Si elles toujours existé, leur fréquence a augmenté dès 2002, et le phénomène s'est étendu sur le plan géographique: il concerne aujourd'hui toute l'Europe et l'Amérique du Nord. Et 2010, sur ce plan, ne se présente pas bien.

Connaît-on les causes de cette accélération?

Pas toutes, Mais on peut penser que le varroa reste au centre de la problématique. Il agit de trois façons: il prélève le sang de l'abeille, il affaiblit son système immunitaire, et sa présence dans l'abeille lui permet d'injecter des agents pathogènes qui, normalement, ne pourraient pas entrer dans son organisme.

Mais il n'y a pas que le varroa.

Des causes secondaires peuvent intervenir. On peut trouver des facteurs génétiques, un environnement trop chargé en pesticides, une biodiversité insuffisante. En Suisse, sur le plan de la biodiversité, nous ne sommes pas trop mal lotis.

Outre le travail de recherche réalisé dans des stations telles que l'ALP, que peut-on faire?

L'apiculteur doit agir de façon plus pointue qu'autrefois. Favoriser la biodiversité aide aussi à la survie des abeilles. Mais on n'a pas, pour l'instant, trouvé la solution miracle. /jmp

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