Les indicateurs statistiques critiqués lors d'un symposium à Neuchâtel

Les indicateurs statistiques mesurant la qualité de vie et le progrès socio-économique posent des problèmes d'interprétation. Un symposium sur la question s'est déroulé aujourd'hui à Neuchâtel à l'initiative de l'Office fédéral de la statistique (OFS).

20 oct. 2010, 18:14

Une centaine de spécialistes suisses et étrangers ont participé à la réunion organisée à l'occasion du 150e anniversaire de l'OFS. Selon plusieurs intervenants, le choix des indicateurs statistiques n'est pas anodin et reflète une vision du monde ou de la société. Le rôle de l'Etat dans cette configuration n'est pas clair.

Un participant s'est demandé par exemple ce que doit faire l'Etat lorsque l'indice de satisfaction au travail est en recul, alors que l'indice de satisfaction sur les loisirs marque une progression. Pareille situation montre toute l'ambiguïté de l'utilisation en politique de chiffres tirés des indicateurs statistiques.

Données illusoires
De même, les indicateurs économiques sont jugés prépondérants dans la mesure de la qualité de vie, alors qu'ils ne reflètent pas vraiment ce qui est déterminant dans ce domaine. Les indicateurs économiques ont leur place à la condition de les remettre à leur place, a relevé à ce sujet un participant.

En outre, les indicateurs environnementaux peuvent à la fois servir et desservir la cause pour laquelle ils ont été institués. On les utilise aussi bien comme référence dans l'établissement de permis de polluer que comme aide à la décision dans la prévention des risques naturels et la promotion d'une industrie verte.

Déficit démocratique
Les indicateurs sont aussi responsables en partie du fait que la majorité des citoyens pense qu'on leur ment. Les statistiques de l'Union européenne (UE) postulaient ainsi une absence d'inflation lors de l'introduction de l'euro, alors que la réalité vécue par les consommateurs démontrait exactement le contraire.

En d'autres termes, il convient de s'interroger sur le bien-fondé d'indicateurs s'écartant de la norme démocratique. Selon un intervenant, les données statistiques sont dépourvues de sens si elles n'incluent pas des pondérations rendant compte des inégalités et des disparités entre les pays et les individus.

Large participation
Le symposium s'est déroulé en présence de représentants de l'Institut européen Eurostat et de l'Office fédéral allemand des statistiques. Du côté suisse, des membres de l'Université de Genève, de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et du Secrétariat  d'Etat à l'économie (SECO) ont participé aux débats. /ats 

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