Le premier café féministe s’est tenu à Neuchâtel

Invités par le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe, les parlementaires neuchâtelois élus à Berne ont débattu de divers sujets, mardi soir, à L’Interlope.

19 févr. 2020, 15:00
Céline Vara et Baptiste Hurni (assis de face) ont débattu lors du premier café féministe, à L'interlope.

Concrétiser les revendications du 14 juin 2019: c’est le but des cafés féministes mis sur pied par le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe. Ce mardi 18 février, une trentaine de personnes se sont réunies à L’Interlope, à Neuchâtel, pour poser des questions aux parlementaires neuchâtelois élus à Berne.

Seuls Céline Vara et Baptiste Hurni étaient présents: «Fabien Fivaz, Damien Cottier et Denis de la Reussille se sont excusés. Philippe Bauer n’a donné aucune nouvelle, nous espérons qu’il va bien», a ironisé Solenn Ochsner, membre du collectif.

L’âge de la retraite fait débat

Cette soirée était la première d’une série de quatre. Organisées avant chaque session parlementaire à Berne, elles permettent débattre des sujets à l’ordre du jour. Mais, comme l’a souligné Baptiste Hurni, «il est difficile d’avoir un débat quand on est d’accord.» Les discussions ont notamment porté sur le mariage pour tous, la question de la redéfinition du viol dans le Code pénal ou le congé parental.

Le débat est devenu à peine plus musclé au moment de parler de l’élévation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes. Les deux élus ont souligné l’importance d’obtenir des contreparties pour lâcher du lest sur ce sujet. Selon les mots de Céline Vara, «nous, les femmes, avons été mauvaises. Nous avons dit oui pour entrer en matière, mais il faut être beaucoup plus dures sur nos exigences. La contrepartie doit être financière, car une année de travail en plus pour les femmes rapporte 7 milliards à l’économie.»

Ce à quoi Solenn Ochsner, suivie par d’autres femmes du public, a répondu que «même avec des contreparties, nous ne sommes pas prêtes à négocier. Le vrai problème, c’est la pauvreté des femmes liée à leur AVS.» Les femmes travaillent généralement à un plus faible pourcentage que les hommes, et gagnant moins, elles cotisent moins.

Prochain café le 19 mai

Une autre participante a renchéri en disant que «l’égalité salariale est un dû. C’est inscrit dans la loi.» Puis posé la question de la prise en compte du travail non payé effectué par les femmes, notamment les soins aux personnes âgées.

Baptiste Hurni a répondu, l’air un peu désemparé: «Il y a ce qu’on veut, ce qu’on aimerait et ce qu’il est possible de faire à Berne. Il faut vous rendre compte que vous êtes dans un canton progressiste. J’ai la crainte que si nos exigences vont trop loin, nous prenions un risque. Il faut faire des concessions.»

Au cours de la soirée, les deux politiciens ont encouragé les membres du collectif à se tenir au courant de l’ordre du jour des sessions parlementaires et à leur faire part de leurs revendications et propositions.

Le prochain café féministe aura lieu le 19 mai à l’ABC, à La Chaux-de-Fonds.