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Quand le tag devient art

Ils ont commencé par sprayer le béton avant de s'exprimer sur des toiles ou du papier. Kesh et Wilo exposent leurs oeuvres emplies de sens à la galerie Quint-Essence «Au fond de mon coeur, je cherche ma propre vérité. Je n'ai pas envie de l'imposer, j'ai juste un message à faire passer.» Pour le transmettre, Kesh a d'abord choisi de le sprayer sur le bitume, «cette matière dont nous nous sommes entourés au point d'en devenir prisonniers». Ceci avant de le peindre sur des toiles qu'il expose là où le mènent ses rencontres, puisqu'à son sens, «dans la vie, rien n'arrive jamais par hasard».

10 juin 2006, 12:00

Ainsi, jusqu'au vendredi 30 juin, il a accroché ses oeuvres aux cimaises de la galerie Quint-Essences, située dans les locaux de la gare de Bevaix. Une exposition à laquelle s'est associé son copain Wilo, autre artiste tagueur.

De l'univers à la perfection

Si les toiles de Kesh évoquent, par une multitude de symboles, l'essence même de l'existence, les dessins de Wilo tiennent, eux, de la spontanéité. Parce qu'il pense «je suis toi, tu es moi», le premier s'inspire du bouddhisme pour peindre l'univers. «L'être humain doit comprendre qu'il est un animal-végétal, qu'il est en symbiose totale avec tous les éléments.» Du chamanisme pour être en phase avec la nature. De la géométrie sacrée pour démontrer que tout s'imbrique.

La quête de Wilo, elle, tend plus vers la perfection que vers la spiritualité. Inlassablement, depuis plusieurs années, il cherche à améliorer «son» tag. Wilo devient parfois Wealo, «une orthographe plus facile à lier» et se décline sur tous les tons, dans tous les sens, dans toutes les dimensions. A son sens, le tag est «une calligraphie urbaine, une recherche perpétuelle de l'harmonie entre les lettres».

Vision ou interprétation

Outre cette infinie prospection, ce jeune artiste, qui a fréquenté l'Académie de Meuron, dessine visages fermés, sourcils froncés, traits sévères et regards tristes, ceux qu'il nomme «les gens». «Ce sont simplement ceux que je croise, le matin, lorsqu'ils partent travailler.» Wilo n'en dira pas plus. «Je laisse à chacun le soin d'interpréter à sa guise mes peintures.»

Kesh partage cet avis tout en espérant que ses oeuvres contribueront à changer, d'un soupçon au moins, la vision du visiteur. «Les gens doivent comprendre qu'ils appartiennent à un tout. Dès lors, il ne faut plus penser qu'à soi, mais devenir altruiste, donner de l'amour, respecter la vie, cesser de s'enfermer dans le monde égoïste et bétonné que nous sommes en train de nous construire.» / FLV

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