Grande Cariçaie: fort recul des oiseaux d’eau sur le lac de Neuchâtel

Lors de son recensement annuel, l’association de la Grande Cariçaie a observé une baisse importante du nombre d’oiseaux d’eau présents sur les lacs de Neuchâtel et de Morat. Des conditions météorologiques douces pour la saison dans le nord-est de l’Europe pourraient être à l’origine de cette situation.

05 déc. 2019, 16:38
Il n'y a jamais eu autant de Tadornes casarca sur le lac de Neuchâtel que cette année.

Les oiseaux d’eau boudent le lac de Neuchâtel. Lors de son recensement des espèces de novembre, l’Association de la Grande Cariçaie a dénombré 56 816 individus répartis entre les lacs de Neuchâtel (53 300) et de Morat (3516).

C’est bien en dessous de la moyenne de ces cinq dernières années. Depuis 1990, «seul le comptage de novembre 2004 a été inférieur», assure l’association dans un communiqué. En 2018, 80 108 oiseaux avaient été dénombrés.

Des conditions douces pour la saison

Les températures «douces pour la saison dans le nord-est de l’Europe» lors de la semaine du recensement n’ont pas poussé les espèces de fuligules à descendre chercher refuge dans nos contrées, alors qu’ils sont les principaux oiseaux hivernant sur nos lacs, explique la Grande Cariçaie.

La diminution du nombre de fuligules milouins, de fuligules morillons et de nettes rousses (24 332 individus en moins) explique ainsi à elle seule la grosse différence entre les comptages 2019 et 2018.

Cette année, les oiseaux étaient principalement présents le long des réserves de la rive sud du lac (34 617 individus). Le secteur entre Vaumarcus et Colombier a quant à lui accueilli le plus grand groupe d’individu avec 9636 bêtes recensées.

La nette rousse comme figure de proue

Le bas niveau du lac (429,07 m) n’a pas pour autant encouragé les canards de surfaces à montrer le bout de leur bec le long des rives. Malgré une baisse également significative (15 500 en 2019 contre 20 810 en 2018), la nette rousse reste l’espèce la plus représentée sur le lac de Neuchâtel.

Les Tadornes casarca et les Ouettes d’Egypte, deux espèces non indigènes, ont en revanche battu leur record de présence.