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La galère d'un asile refusé

Un jeune Guinéen mêlé à un trafic de coke s'en tire avec une peine de prison avec sursis. Rôle d'intermédiaire Arrivé en Suisse à l'âge de 16 ans, sans ses parents, un jeune Guinéen s'est réfugié dans le «business» de la cocaïne pour échapper à ses problèmes. Sa demande d'asile refusée et son expulsion de chez ses beaux-parents l'ont conduit tout droit à servir de sérieux intermédiaire dans un trafic de 200 grammes de drogue pure à raison d'un taux de 50 pour cent. Des infractions qui lui ont valu jeudi une peine de 17 mois d'emprisonnement, avec sursis pendant trois ans, plus une mesure d'expulsion. Cette dernière ne sera pas appliquée s'il se tient tranquille pendant le délai d'épreuve que le Tribunal correctionnel de Neuchâtel l'a fixé.

13 août 2006, 12:00

Le trafic auquel le prévenu a participé est divisé en deux volets. Tout d'abord, sur le territoire vaudois, et ensuite dans le canton de Neuchâtel. Expulsé du domicile de son beau-père, le Guinée a trouvé refuge chez une «authentique crapule», selon les termes utilisés par le substitut du procureur Yanis Callandret.

L'hospitalité se paie

Le prévenu lui étant redevable de l'avoir accueilli, le trafiquant s'est vite fait «insistant». Il fallait assurer les transactions en acheminant la «marchandise» entre le fournisseur et le client. «Ce que la Loi fédérale sur les stupéfiants réprime également, car c'est indispensable à l'établissement d'un trafic», a rappelé la présidente du tribunal Geneviève Calpini Calame.

Expulsion requise

L'instruction de l'affaire a établi un lien étroit entre les problèmes de la vie privée du prévenu et ses actes délictueux. Yanis Callandret a toutefois réclamé une peine ferme de deux ans et une expulsion de Suisse pour une durée de huit ans. Le défenseur a toutefois souligné que son client avait été victime de l'enquête portant sur un réseau de trafiquants de drogue plus important. En impliquant notamment un trio de Guinéens oeuvrant sur la place neuchâteloise.

Le tribunal a suivi cette analyse, en soulignant le parcours chaotique du prévenu depuis son arrivée en Suisse et son jeune âge. Toutefois les quantités de la drogue revendue dépassent de six fois la limite du cas grave, ce qui fait que les reproches faits au prévenu ne sont pas anodins...

Tous ces éléments, plus le choc, vécu par le prévenu, des quelque cinq mois passés en détention préventive, ont incité la juge à donner au prévenu une dernière chance de mener une vie normale en Suisse, d'y trouver un travail et de remettre de l'ordre dans ses affaires privées. /PHC

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