L'enlèvement était bidon!

Il n'y a jamais eu de tentative d'enlèvement à l'endroit d'une fillette de 2 ans et demi, le 23 décembre à Marin-Centre. Telle est la conclusion que tire la police cantonale de cette affaire. Tout semble désormais indiquer que l'enfant aurait simplement échappé à la surveillance de sa baby-sitter, puis se serait égarée dans le centre commercial, qui s'étale sur 36.000 m2 tout de même. C'est en fait le service de sécurité interne à la Migros qui avait retrouvé la «fugitive» à l'intérieur du centre. Le témoignage de l'homme qui assurait avoir retrouvé l'enfant sur le parking et qu'elle avait réussi à s'échapper de sa «ravisseuse» est donc totalement faux. «Cette personne, amie de la nounou, dit à présent qu'il s'est trompé. Il aurait vu l'enfant, mais ne prétend plus qu'elle se faisait tirer par une dame», indique l'adjoint au chef de la sûreté neuchâteloise. «Apparemment, un problème de langue est à l'origine d'une incompréhension, reprend Frédéric Hainard. Ce qui a eu pour effet d'enfler la gravité de l'affaire».

22 janv. 2006, 12:00

L'enquête a donc permis d'établir que la tentative d'enlèvement n'a jamais existé. C'est tant mieux, et tout semble indiquer que le dossier pourra être classé sans suite.

Suites judiciaires?

Reste que les parents de la petite avaient commencé par déposer plainte pénale pour enlèvement, respectivement tentative d'enlèvement. Un acte téméraire? «Vraisemblablement pas!», juge Pierre Cornu. Pour le procureur du ministère public, les parents ont le droit et le devoir de se soucier de leur enfant ainsi que de dénoncer le cas à l'autorité compétente. «Je n'ai pas l'impression qu'ils ont essayé d'égarer la justice», estime-t-il.

Par contre, les déclarations du témoin pourraient être moins innocentes. «Nous devrons étudier le dossier. Notamment connaître, par exemple, l'état psychique de la personne». Pierre Cornu convient cependant que «s'il ressort qu'il a délibérément menti, il risque une poursuite. Mais ces dossiers sont à étudier au cas par cas». / STE