«L'amour est un oiseau rebelle...»

24 mars 2008, 12:00

L'histoire de Carmen, bohémienne, courtisane aussi audacieuse que capricieuse, et de Don José, brigadier, déserteur par amour de la belle, continue de fasciner les foules. Lors de six représentations, à guichets fermés, au théâtre de Colombier de l'?uvre de Georges Bizet, l'Avant-Scène opéra a remporté de nouveaux succès. La dernière, mercredi, a enflammé les planches.

Dès l'ouverture, donnant à entendre les principaux thèmes de la partition, on apprécie l'excellent niveau de l'orchestre, composé de musiciens issus de différents ensembles de la région, rassemblés sous la baguette de Sylvain Jaccard. Un pur plaisir. Les bois, quasiment tous solistes, rendent la subtilité de l'orchestration. On admire la préparation des ch?urs, d'enfants, des cigarières, de contrebandiers, présents sur les remparts de Séville, chez Lilas Pastia, tout au long de l'histoire décrite par Prosper Mérimée. Il faut oser les défis! C'est sans doute ce qui a conduit Yves Senn, ténor, directeur de l'Avant-Scène opéra, à troquer son rôle de chef d'orchestre contre celui de Don José et d'emmener dans l'aventure Noémie Stauffer, soprano, en Carmen flirtant avec la mort. L'Avant-Scène opéra est également une académie d'art lyrique, ainsi a-t-on retrouvé des voix connues, de Maïté Renaud, soprano, en Micaela, de Charles Brunner et Siddique Eggenberger, ténors, en contrebandiers, de Céline Vicario, Corine Wyder en gitanes. On a découvert de nouveaux timbres, de Christophe Mironneau, baryton, en Escamillo toréador, de Alexandre Ansorge, basse, en capitaine Zuniga. Côté élocution pas un mot qui ne soit inintelligible, «La fleur que tu m'avais jetée...» est encore sur toutes les lèvres... / ddc