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Hommage à l'ange gardien du port

Depuis qu'il est garde-port, Jean-Claude Jornod multiplie les miracles. Cet hiver, il a sauvé de la noyade un enfant et sa mère. Une scène que ne connaît que trop bien ce fonctionnaire du lac Jean-Claude Jornod a déjà sauvé quatre vies dans le cadre de sa profession. Il n'est ni médecin ni sauveteur. Son job: garde-port à Saint-Blaise. Mais que d'émotions dans ce métier! Le dernier miracle de ce fonctionnaire du lac remonte à décembre dernier, lorsqu'il a sorti de l'eau une mère et son bambin. Jeudi, la Société de sauvetage du Bas-Lac (SSBL) a remis une distinction à Jean-Claude Jornod pour rendre hommage à son courage et sa bravoure.

12 mars 2006, 12:00

«La question se posait pour nous de savoir s'il fallait distinguer Jean-Claude Jornod, qui est intervenu dans le cadre de son travail de garde-port», indique Jean-Claude Jaberg, président du Fonds Henri Jeanrenaud (organe de la SSBL précisément destiné à récompenser ce genre de gestes spontanés). «Nous sommes rapidement arrivés à la conclusion que sauver deux vies quelques jours avant Noël n'était pas un geste anodin», analyse Bernard Flück, caissier du fonds.

«Il courait seul vers l'eau»

Immensément reconnaissant envers la SSBL, Jean-Claude Jornod avoue toutefois ne pouvoir oublier cette journée particulière du 13 décembre 2005. «J'avais fini de tailler des haies lorsque j'ai entendu une maman crier. Cinq minutes plus tôt, le bruit du moteur aurait couvert les cris.»

Il voit alors une mère affolée et un tout petit bout de chou courant seul derrière elle. Sa première préoccupation est d'empêcher que le petit ne tombe à l'eau. Il l'empoigne et l'emmène au chaud. Le temps de ressortir, «j'ai vu cette femme sauter à l'eau. C'est alors seulement que j'ai compris qu'elle avait deux enfants, et que l'aîné était tombé dans le lac. La température ne dépassait pas de 6 à 8 degrés...» La femme saisit son rejeton et réussit à agripper une corde. «J'étais tétanisé, enchaîne le gardien. Mon premier réflexe a été de sauter aussi. Heureusement, je me suis ravisé à temps.» Un témoin de la scène lui apporte la perche qu'il réclame. Il tire alors mère et enfant vers une échelle et descend dans l'eau. «Le soir, j'avais les jambes toutes rouges». Un moindre mal. «L'enfant était violet, poursuit-il. Heureusement, nous avons réussi a lui faire cracher l'eau de ses poumons.»

Par le passé, Jean-Claude Jornod avait déjà sauvé un homme tombé de son bateau, en l'accrochant par sa veste. Le même malheur était arrivé à un autre navigateur. «Il était resté croché par le mollet à un taquet d'amarrage. Il pendait comme un cochon, la tête à dix centimètres de l'eau.»

Bon samaritain par la force des choses, le garde-port intervient aussi sur quantité de petits bobos au cours des saisons estivales. Mais rares sont ceux qui connaissent ses «exploits». / STE

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