Gustav Leonhardt, ferveur et inspiration

01 mai 2009, 09:19

Gustav Leonhardt, claveciniste, a donné, mardi à l'hôtel DuPeyrou à Neuchâtel, un récital ressenti par de nombreux auditeurs comme un symbole de goût et de culture.

On connaît peu l'art complexe, multiple et frémissant de Johann Jakob Froberger, le plus célèbre musicien pour le clavier du milieu du 17e siècle, aussi original que raffiné, aussi inquiet et «écorché» que Chopin par exemple.

L'étonnante Allemande en ré «Méditation faite sur ma mort future, laquelle se joue lentement avec discrétion» ou encore «Tombeau de Monsieur Blancrocher» page qui se termine par une gamme descendante sans conclusion...rendent admirablement compte du génie de Froberger.

Gustav Leonhardt est parfait à tous égards et l'instrument, un merveilleux Louis Denis 1658, aurait servi, en ce temps-là et selon la légende, à Froberger lors de son séjour à Paris.

La composition du programme a démontré la variété de styles insoupçonnés et apparemment inépuisables d'une musique qui culmine aussi bien chez des maîtres tels que Henri Dumont ou Johann Caspar Kerll, où la «Toccata» et «Canzona 4» sur un thème de huit notes renvoie à Frescobaldi.

Un autre sommet se trouve dans l'½uvre de Louis Couperin, maillon essentiel de la musique française du 17e siècle. La «Suite en ré mineur», longue et admirative série de danses, ou encore les «Fantaisies», l'une mélodique, l'autre plus rythmée, sont un éventail infiniment nuancé de la virtuosité descriptive de Louis Couperin.

La maîtrise de Gustav Leonhardt est confondante que ce soit dans les pages virtuoses, ciselées avec une aisance incomparable, ou dans les pièces plus lyriques où la couleur de chaque note donne à la musique relief et émotion, le rêve est le même. Mais ce qui est impressionnant c'est l'effacement de Gustav Leonhardt devant la musique. Cette attitude donne une atmosphère spirituelle à ses interprétations.

Le concert, présenté à Neuchâtel par l'Association Autrement, s'est déroulé dans l'excellente acoustique de la salle de l'académie de l'hôtel DuPeyrou.

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