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Fresque bariolée autour de Joyce

19 mars 2010, 09:46

CRITIQUE - PAR DENISE DE CEUNINCK

Le Nouvel Ensemble contemporain (NEC) a délégué six musiciens mercredi au centre Dürrenmatt, à Neuchâtel. L'atmosphère du lieu, son langage de couleurs vives, se sont mêlés au concert tout en rejoignant l'univers de James Joyce.

«Chamber Music», de Luciano Berio, marie les palettes d'une clarinette, d'un violoncelle, d'une harpe et d'une voix qui passe sans transition de l'aigu au grave ou tout simplement parle. Berio a écrit cette partition en 1950 pour Cathy Berberian, sa femme, Callas de la musique contemporaine à l'époque. Jamais chez Berio la recherche formelle ne prend le pas sur l'instinct musical, même les combinaisons sérielles apparaissent tel un écheveau enrobant la mélodie.

«Tantris», de Hans-Ulrich Lehmann, est une musique toute en transparence, en sensibilité, où les timbres, voix chuchotée ou claire, flûte et violoncelle, glissent les uns sur les autres comme la rivière sur le sable selon James Joyce. Eva Nievergelt, soprano, a le sens infus de ces styles, elle a remplacé au pied levé, l'interprète pressentie, absente.

Le «Molly's Song 3 - Shades of Crimson» de Rebecca Saunders pour flûte, alto, guitare, radio et boîte à musique, est une fresque bariolée où il s'agit moins de séduire que d'inventer une superposition de situations en relation avec l'écriture de Joyce évoquant la vie familiale de tous les jours..

Consuelo Guilianelli, harpe, Jean-François Lehmann, clarinette, Martina Brodbeck, violoncelle, Nathalie Dubois, flûte, Marie Schwab, alto, Maurizio Grandinetti, guitare, ont magnifiquement vivifié ces partitions.

Entre les œuvres, Daniele Pintaudi, lecteur, est entré dans la poésie des «Chamber Music» de James Joyce et a extrait d'«Ulysse» les symboles mystificateurs.

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