Le tétras, Mozart et le député

Ca sert à quoi, un grand tétras? «A rien, comme Mozart», répondait le naturaliste et philosophe Robert Hainard. Et un député, hein, à quoi ça sert?

28 janv. 2006, 12:00

... Soyons magnanimes: au moins à tirer - avec une plume, pas un fusil - des parallèles entre le grand tétras et le Dews (ce n'est pas un oiseau, mais le Development economic of Western Switzerland). La comparaison n'est donc pas zoologique, elle se veut po-li-tique. Et ironique.

Suite à l'envol de Francis Sermet et d'Alpaslan Korkmaz sous d'autres cieux, le groupe libéral du Grand Conseil a posé mardi «La» question:«Blague à part, est-ce que, au Château, chacun est conscient que la promotion économique est peut-être aussi importante que la protection du grand tétras?»

Personne, pas même un pingouin, ne contesterait l'utilité, l'absolue nécessité même de créer des emplois. Surtout que le coq de bruyère a eu la mauvaise idée de se raréfier, et que ses cuisses de gallinacé ne suffiraient pas à nourrir l'espèce humaine en plein essor.

Mais blague à part, que deviendraient les hommes - même s'ils avaient tous un travail et que d'autres étaient même riches - dans une nature toujours plus pauvre? L'économie doit être un moyen, pas un but. A côté de la gestion, de l'organisation, de la restructuration, peut-être notre épanouissement aurait-il davantage besoin de projets de société. D'éthique. De valeurs et de repères ancestraux.

Hôte séculaire de nos forêts, le grand tétras orne les armoiries d'Enges. Je pleurerais devant ce blason si une puce électronique ou le portrait d'un économiste y remplaçait le bel oiseau. /AxB