Votre publicité ici avec IMPACT_medias

En une nuit, Neuchâtel devient Noucastelch

Surprise! Dans la nuit de dimanche à hier, la ville de Neuchâtel s'est transformée en Noucastelch. A l'origine de cette «portugaisisation», l'opération d'une agence de communication adepte du buzzmarketing. Bienvenue dans un monde où le consommateur propage lui-même l'information. Hier matin, 9h14. Un mail signé Didier Cuche parvient à la rédaction. Il est écrit: «Chais pas ski c'é passado hier à la noche mais ch'crois bien que Noucastelch est devenou portuguech como par magia.» Suit une adresse internet - www.noucastelch.ch - qui propose une version «portugaise» du site de la Ville de Neuchâtel (voir les photos ci-contre). D'autres messages tout aussi bidons, signés Darius Rochebin ou Cindy Santos («Ch'uis trop émoue, fô que je téléfaone à Heidi pour loui dire») suivront dans la journée.

17 juin 2008, 12:00

Dans le même temps, au centre-ville, les passants découvrent que des plaques de rue ont été rebaptisées dans le même portugais de cuisine.

Qui est derrière tout cela? Les auteurs de ce canular plein d'humour et très bien fait ont multiplié les obstacles pour ne pas être découverts. Mais... bingo! Une quinzaine d'appels téléphoniques plus tard, y compris à Paris, nous tombons sur l'un des trois concepteurs de l'opération «Noucastelch». Il s'agit de trois jeunes gens, deux Neuchâtelois et un Vaudois, à la tête d'une agence de communication basée à Neuchâtel et Lausanne. Pour l'heure, ils souhaitent ne pas révéler leur identité, ni le nom de leur agence. «Car l'opération n'est pas encore achevée...»

Notre interlocuteur, en revanche, a accepté de rendre public le but de l'opération. Ou plutôt les buts. «D'abord, avec le magnifique engouement autour de l'équipe du Portugal, notre démarche se veut un clin d'?il amical et accueillant à tous les Portugais. Ces derniers jours, quel francophone de la région n'a pas imité l'accent portugais?»

Ensuite? «Avec cette démarche, nous souhaitons nous faire connaître de la manière la plus originale possible. Nous appliquons ce qui s'appelle le buzzmarketing, ou marketing alternatif, ou encore streetmarketing. Contrairement à ce qui se passe avec les formes de publicité traditionnelles, dans lesquelles le consommateur est passif, nous utilisons le net pour créer un buzz (réd: propagation démultipliée de messages à propos de quelqu'un ou quelque chose), de même que nous sommes «dans la rue» pour susciter un bouche à oreille.»

Comme en témoigne cet article, le but est visiblement atteint... Il ajoute: «Parmi nous, il y a un commercial, un concepteur multimédia et un photographe-vidéaste. D'une manière plus générale, nous sommes des créatifs. Les formes de communication classiques sont notre fond de commerce, mais certaines de nos démarches se veulent également artistiques, à l'image de ce qui vient d'être montré à l'exposition d'art contemporain Art-Basel.»

Ah!, on oubliait. A 16h15, un soi-disant Sylvio Bernasconi nous adressait le courriel suivant: «Suite aux événements de la nuit passée à Neuchâtel, le conseil d'administration de Xamax a décidé de changer le nom du club sans vendre la majorité de ses parts à la brasserie Sagres. Neuchâtel Xamax est mort, viva Noucastelch Xamach!»

La suite au prochain numéroch... D'autant que du côté de la Ville de Neuchâtel, on apprécie moyennement l'opération, notamment parce que les noms des conseillers communaux ont été usurpés. «Nous allons demander la fermeture du site», indique le chancelier Rémy Voirol. «Si nous ne l'obtenons pas, le Conseil communal décidera d'éventuelles autres mesures.» / PHO

Votre publicité ici avec IMPACT_medias