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En mémoire d'un disparu

18 août 2011, 09:10

Une plaque en laiton toute simple. Sous les armes de Neuchâtel Xamax, elle porte l'inscription suivante: «In memoriam Vitor Manuel da Costa Nunes. 1965-2006. Décédé sur le chantier du stade». Depuis hier, elle figure à l'entrée du stade de la Maladière, à Neuchâtel, juste à côté des noms des personnes et entreprises qui ont soutenu financièrement la construction du complexe inauguré un an après l'accident qui avait coûté la vie à Vitor Manuel da Costa Nunes.

Trois membres de la famille de l'ouvrier décédé, soit sa sœur Albertina da Costa, le mari de cette dernière Joao Pinto da Silva et leur fils Silvio Nunes Silva, ont découvert la plaque hier matin. «C'est important de rappeler ainsi sa mémoire. L'accident qui l'a enlevé fait partie de l'histoire de ce stade», relève Albertina da Costa. Pour elle, la pose d'une telle plaque relève de l'évidence. «Au Portugal, la ville qui ferait construire le stade mettrait une plaque d'office, sans même qu'on le lui demande.»

En Tchétchénie aussi, apparemment. Selon Marc Imwinkelried, responsable de presse de Neuchâtel Xamax, l'initiative de faire faire et de poser cette plaque vient de Bulat Chagaev, le propriétaire du club, mis au courant de l'accident mortel du 6 février 2006 au début de ce mois. «Ce que nous faisons là, c'est le minimum», a estimé hier sur place Islam Satujev, futur président de Neuchâtel Xamax.

C'est même tellement «le minimum» que le club a agi sans demander ce qu'en pensait la Ville, propriétaire du stade. Mais n'était-ce pas à elle de prendre une telle initiative? «A ma connaissance, nous n'avons pas de coutume visant à poser une plaque dès la fin du chantier», répond la directrice communale des Sports Françoise Jeanneret, quelque peu embarrassée.

L'effondrement d'une passerelle qui avait coûté la vie à Vitor Manuel da Costa Nunes s'était produit le long de la façade nord du complexe. Les responsables de Neuchâtel Xamax ont choisi de poser la plaque à un autre endroit, «là où passe le plus de monde». Albertina da Costa continuera cependant à déposer des fleurs sur le trottoir sud de la Pierre-à-Mazel chaque mois de février.

Cet accident avait conduit le chef de projet, le contremaître et le conducteur des travaux à comparaître fin novembre 2008 devant le Tribunal de police de Neuchâtel. Le juge les avait reconnus coupables d'homicide par négligence et les avait notamment condamnés à verser une indemnité à la veuve et à la fille de l'ouvrier décédé. / jmp

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