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En couple avec le public

C'est la première fois qu'un musée ouvre ses portes à Carol Gertsch. Alors, cet artiste de la rue a choisi de prendre les quidams pour conjoints dans le cadre de l'exposition «Pas tout seul! - Couple d'artistes» du MAH «Moi qui pratique un art de la rue, j'ai, pour la première fois, l'opportunité d'exposer dans un musée. Alors j'ai choisi le public pour conjoint. Lorsque je peins à l'extérieur, c'est lui que je côtoie. Si je suis le «je», il est le «tu». Je tenais donc à lui offrir une place dans cette exposition». Carolus, alias Carol Gertsch, forme l'un des sept couples à avoir pris possession, depuis le début du mois, de l'espace consacré à l'exposition «Pas tout seul! - Couples d'artistes», au Musée d'art et d'histoire (MAH) de Neuchâtel.

13 févr. 2006, 12:00

Une Triennale dont l'initiatrice n'est autre que la section neuchâteloise de Visarte, la société des artistes visuels suisse, et qui, par vagues successives, durera jusqu'en septembre (notre édition du 3 février).

Carolus, pour sa part, tendra la main aux visiteurs jusqu'au 2 avril. Même si la présence de l'artiste-peintre sera ponctuelle (lire ci-dessous), ses mains, moulées par son dentiste, resteront accrochées à la porte de la salle qui lui est réservée juqu'au terme de l'exposition.

«Donne tes mains pour servir et ton coeur pour aimer»

«La main est le symbole le plus représentatif de l'humanité. C'est elle qui, durant la vie entière, serre des choses et finit par tout lâcher au moment de partir.» Présent, samedi, au MAH, Carolus expliquait pourquoi il avait choisi ce thème universel. «La main est aussi le plus ancien symbole de communication, celui que l'on a retrouvé dans des grottes», ajoute cet artiste passionné par la préhistoire.

Outre sa touche personnelle, un trompe-l'oeil en forme de main, évidemment, Carol Gertsch présente un masque de carnaval en forme de main; un arbre dont les fruits sont des photos de mains: jeunes, vieilles, libres, emprisonnées, robotisées, universalisées; un passionnant dossier mettant en exergue les thèmes et symboles gravitant autour de cette extrémité, et bien sûr, les mains des visiteurs dessinées sur les murs.

«Je suis impressionné, reconnaissait, samedi, Carolus. Les gens jouent le jeu et on découvre des choses étonnantes, plein de petits détails sensibles.» Nul besoin d'avoir des talents artistiques pour apposer ses griffes sur les murs du musée. Dessiner le contour de sa main suffit et si l'on fait preuve d'un peu d'imagination, tant mieux. «L'idée consiste à aller à la rencontre d'autres mains dans un désir de dialogue.»

«C'est le pied, euh, la main!»

Chaque empreinte est accompagnée d'une signature ou d'un petit mot, glissés dans une énorme fourre transparente accrochée à un mur. «Bravo, Carolus, c'est le pied!... enfin, plutôt la main», peut-on, par exemple, lire.

Hormis les peintures, photos et illustrations, une foultitude d'expressions recouvrent les parois. Main de maître, baladeuse ou sur le coeur mis à part, des citations jalonnent aussi le dossier établi par Carolus. On y apprend ainsi que mère Teresa a dit: «Donne tes mains pour servir et ton coeur pour aimer». Ou que, plus prosaïquement, Coluche exprimait sa méfiance en ces termes: «Certains ont l'air honnêtes, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts.» / FLV

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