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Des paumés qui n'aiment pas l'uniforme

La vue de l'uniforme peut sembler dissuasive. Mais apparemment pas pour tout le monde. La matinée de mardi au Tribunal de police de Neuchâtel était largement consacrée à des affaires mettant en cause des «violences et des menaces contre les autorités et les fonctionnaires».

07 sept. 2007, 12:00

Christiano*, 28 ans, sous traitement médical et sans emploi, est accusé d'avoir hurlé, dans son immeuble, «sales pédés, je vais tuer des flics», alors que des agents de police lui notifiaient un commandement de payer. Le prévenu explique qu'il s'est lui-même senti agressé par le comportement des policiers et qu'il a pris peur. Il ne cesse d'appeler à la clémence de «Madame la présidente Calmy-Rey». Petit sourire aux lèvres, la présidente du tribunal Geneviève Calpini-Calame décide de convoquer une nouvelle audience en présence des fonctionnaires concernés.

La magistrate se montre plus inquiète devant le cas d'Eric*, à la charge des services sociaux et déjà condamné quatre fois à des peines d'emprisonnement.

Le 13 mai, ce dernier a «emprunté» le véhicule de son employeur sous l'emprise de l'alcool et l'a endommagé. Interpellé quelques jours plus tard, il a insulté les forces de l'ordre. Là encore, il avait bu du whisky. Il est condamné à 480 heures de travaux d'intérêt général. «Au moins ça vous occupera», relève Geneviève Calpini-Calame.

Le 18 juin, un agent de police faisait le plein à une station essence. Denis*, qui avait bu depuis le matin et avait eu «une mauvaise journée», s'est approché du fonctionnaire et l'a menacé. Son agressivité est allée croissante, et son ami Alban* l'a plaqué au sol pour l'empêcher de continuer. Entre-temps, l'agent de police a appelé du renfort. «Ils nous ont tabassés à douze», racontent les prévenus. Denis assume ses actes, mais il refuse que son ami soit poursuivi, car «il n'a rien fait». Alban explique qu'il a «70% des tissus musculaires fichus» et qu'il n'est pas en mesure de se battre contre quiconque. Tous deux, anciens toxicomanes sous méthadone, déplorent le traitement que leur ont infligé les policiers, ainsi que leurs conditions de détention. Alban est acquitté, mais Denis écope de trente jours de peine privative de liberté. /jga

*Prénoms fictifs
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