Des berges plus hautes pour éviter les grosses inondations

Les inondations de l?été 2005 et d?août dernier, notamment dans la région de l?Entre-deux-Lacs, font réagir les cantons riverains. Berne s?est déjà lancé dans l?exécution de chantiers préventifs à Gals tandis que Neuchâtel présente aujourd?hui un rapport pour se mettre à niveau.

28 mars 2008, 12:00

Le retour de l?hiver est là pour nous le rappeler: les saisons sont un peu fofolles. Et l?on est déjà à se demander ce que nous réservera l?été prochain. Sécheresse ou hautes eaux, propres à battre une nouvelle fois le record du niveau de lac de Bienne? Dans le doute, mieux vaut prévenir que guérir... Une maxime que le canton de Berne applique plus rapidement que celui de Neuchâtel.

L?an dernier, la commune de Chules (Gals en allemand) n?avait pas attendu de voir tous ses champs inondés pour prendre des mesures. Dans l?urgence, les autorités de cette commune sise sur la rive sud du canal de la Thielle avaient fait rehausser le chemin de halage par des remblayages ciblés. Les travaux viennent de reprendre afin que toute la berge côté bernois se situe à 431 mètres au-dessus du niveau de la mer. «Actuellement, la cote la plus basse se situe à 430,40 mètres», indique Ernst Hunziker. Comme autre parade aux inondations, le responsable de la section bases et régulation des eaux de l?Office de l?économie hydraulique du canton de Berne évoque l?augmentation de la capacité d?écoulement de la Thielle. Mais, «cela reste du domaine de l?illusion, car ce n?est pas réalisable dans les cinq ou sept prochaines années. Maintenant, il faut intervenir rapidement», conclut l?inspecteur de travaux de la correction des eaux du Jura.

Côté neuchâtelois, on avance plus prudemment. Jusqu?à ce jour personne n?est en mesure de dire si le coût des travaux effectués à Chules sera pris en charge par la Commission intercantonale de surveillance de la deuxième correction des eaux du Jura (dans laquelle sont représentés les cantons de Vaud, Soleure, Fribourg, Berne et Neuchâtel). Cette instance se réunit aujourd?hui pour évoquer cette question, et décider de ce qu?il convient d?entreprendre sur la rive neuchâteloise. Sur mandat du canton de Neuchâtel, un bureau d?ingénieurs a procédé à un relevé géométrique et à l?établissement d?un projet en vue d?adapter les berges de la Thielle de ce côté-ci aussi. «Ce sont ces conclusions qui seront débattues en commission», indique Yves-Alain Meister, chef de l?Office des routes cantonales (Orca).

Schématiquement, l?intervention sur sol neuchâtelois devrait se concentrer en amont du Landeron, dans le virage de la Vieille-Thielle et en amont du méandre de ce bras du canal, vers Cressier. Le chef de l?Orca n?est toutefois pas sûr que le rehaussement de la digue de la Thielle à 431 mètres sera suffisant à l?avenir. «Une étude est menée en parallèle par l?Office fédéral de l?environnement (Ofev) pour optimiser la régulation des eaux au barrage de Port (réd: pièce maîtresse dans l?équilibrage du niveau des lacs de Morat, Bienne et Neuchâtel). La question est de savoir qui absorberait les dommages» causés par d?éventuelles nouvelles crues dévastatrices? Ou plus prosaïquement: faudrait-il inonder l?aval ou l?amont du barrage de Port lors des hautes eaux? /STE