Dans la peau d'un requérant

02 nov. 2010, 10:24

Les écoliers de 7e et 8 années ont passé hier et passeront la journée d'aujourd'hui à suivre des ateliers de sensibilisation aux thèmes des migrations forcées, de la fuite, de l'asile et de l'intégration.

L'école secondaire de La Neuveville intègre depuis plusieurs années la sensibilisation aux problèmes des migrants dans son programme pédagogique. Un catalogue d'animations pour la jeunesse est proposé par l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (Osar). Huit animateurs, dont plusieurs sont eux-mêmes des réfugiés, se sont ainsi rendus de Lausanne à La Neuveville aux côtés du responsable de projet Osar Jean-Daniel Müller. Leur but, barrer la route aux préjugés non seulement sur les requérants d'asile et les réfugiés, mais encore sur tous les étrangers qui se différencient du Suisse moyen par la couleur de la peau, la religion ou les coutumes.

Les élèves apprennent par des jeux de simulation, des films, des témoignages, des ateliers de discussion et d'information, la réalité du migrant depuis son exil souvent forcé à l'arrivée en Suisse. Hier, les ateliers de réflexion portaient sur des questions telle que: «A qui accorder la protection de la Suisse?» Les ados découvrent, témoignages à l'appui, toute la complexité des procédures d'asile, des conditions de vie des requérants. «Si on ne peut forcer la solidarité, chaque pays qui reconnaît la Déclaration des droits de l'homme a l'obligation d'accueillir les personnes étrangères en détresse», remarque Jacques Diacon, l'enseignant responsable de ces journées. «On va vous dire ce qu'est la violence!», lance un animateur du jeu de rôles.

Les ados sont répartis en groupes de familles. On leur bande les yeux; ils se retrouvent séparés. Tout à coup, c'est le chaos: pétards, mégaphones, la prise d'otage semble réelle mais on simule les blessés. On annonce l'arrivée de l'armée. Les guérilleros entraînent tout le monde dans les sous-sols de l'école à coups de brimades toujours simulées et de dureté des échanges. Se mettre dans la peau d'un réfugié qui a vécu cela n'a rien d'une sinécure.

Mais au bout de l'exercice, l'empathie l'emporte sur l'étranger traumatisé. /yad