Des bons souvenirs et quelques regrets

Le judoka neuchâtelois, Isfendiar Piran Vaiseh (16 ans), a participé au Festival olympique de la jeunesse européenne dans la catégorie -55 kg. En Finlande, il a vécu une semaine inoubliable.
02 août 2015, 18:47

«L'ambiance est un peu celle des Jeux olympiques. Les sensations que l'on ressent lorsque le speaker nous appelle avant d'entrer sur le tatami avec le coach et le physiothérapeute sont indescriptibles. C'est difficile de ne pas se laisser submerger par les émotions.»

Pendant une semaine, le jeune judoka neuchâtelois, Isfendiar Piran Vaiseh s'est plongé avec enthousiasme et émerveillement dans l'antichambre des Jeux olympiques, le Festival olympique de la jeunesse européenne. Une aventure «fantastique», comme il l'a décrit lui-même.

«Tout est comparable aux Jeux olympiques», relève le poulain de Stéphane Guye au Judo club Cortaillod, qui participait à sa première compétition internationale de cette envergue. «Une kyrielle de sports sont représentés, nous sommes tous logés dans le village olympique, tous les athlètes paradent par nations lors de la cérémonie d'ouverture. Sans oublier la flamme qui symbolise la manifestation.»

Seul romand qualifié dans sa discipline - ils étaient quatre Suisses, deux hommes et deux dames, à s'être qualifiés - le Neuchâtelois, de nationalité suisse par sa mère et iranienne par son père, n'a pas été verni au tirage au sort, tombant dès son premier combat contre le futur médaillé d'argent, le Letton Steinbucks. «Ma défaite contre cet adversaire est mon plus grand regret», soupire-t-il. «Je l'avais déjà battu à Brême cette année lors d'un tournoi international et pensais pouvoir rééditer cette performance. J'ai tout donné mais il m'a manqué, cette fois, les outils nécessaire pour le battre.»

Repêché, il a ensuite défié le Géorgien Chkvimiani, qui terminera à la troisième place de la compétition. Sans plus de succès. «Il était bien plus fort que moi», avoue l'étudiant en deuxième année au lycée Jean-Piaget. «Combattre contre lui n'était pas évident car il était petit, trapu et extrêmement massif. J'ai tenté de réaliser coup sur coup la même technique. Je me suis fait avoir par mon propre jeu. Il s'y attendait et m'a contré.» Malgré ces revers, cette expérience lui a donné la motivation de travailler encore plus fort. «Quand on vit ce type d'aventure, on en prend vite goût et on se met à rêver de championnats du monde et de Jeux olympiques. Mais je préfère y aller étape après étape», conclut-il.

Et la prochaine sera les championnats de Suisse au mois de novembre. Avec un seul objectif: le titre national. /LME

Manque de structure

Progresser en Suisse n'est pas chose aisée. Par rapport aux autres pays, notre pays souffre de lacunes sur le plan organisationnel et de moyens financiers et techniques. En France, par exemple, la fédération a créé des pôles de formation, regroupant les meilleurs athlètes du pays dans un système élaboré de sport-études - école le matin et entraînement l'après-midi. Chez nous, on réunit bien les meilleurs dans le cadre national», tient à préciser Isfendiar Piran Vaiseh, «mais à chaque stage nous avons un entraîneur différent, ce qui ne permet pas de suivi régulier.»

Dans ces conditions, difficile d'atteindre un certain niveau international. /lme