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Disneyland lui aura été fatal

19 juin 2008, 12:00

Mickey a été fatal à Marcel*. C'est en effet un séjour à Disneyland qui a déclenché la première plainte à l'encontre du prévenu. Une agence de voyage, délestée de plus de 28 000 francs, s'est retournée contre lui. L'homme comparaissait hier devant le Tribunal correctionnel de Boudry, avec deux autres accusés, Jeanne* et Eric*. Il était prévenu d'escroqueries, abus de confiance, faux dans les titres, les deux autres de tentative d'escroquerie et faux dans les titres.

Marcel aurait notamment soutiré de l'argent pour financer le lancement de son entreprise, en partenariat avec des amis. Alors même qu'il croulait sous les dettes, comptant pas moins de 52 poursuites à l'époque des faits! Durant près d'un an et demi, il a utilisé l'argent des souscriptions et investissements destinés à son entreprise pour son usage personnel. Dont l'achat de vignettes Panini, comme l'a rappelé le procureur. Si ses associés ont quitté le navire en sentant le vent tourner, il était trop tard pour les souscripteurs. Quelque 450 000 fr. s'étaient volatilisés.

Marcel conteste pourtant s'être enrichi avec ce «projet pharaonique» comme l'a qualifié le juge. «Vous preniez vos rêves pour des réalités», a-t-il d'ailleurs résumé à l'endroit du prévenu.

Alors même que Marcel était sans le sou, soutenu par les services sociaux, certaines bonnes âmes se sont étonnées de le voir, cigare au bec, sortant d'un établissement huppé et roulant dans une automobile de prix. Et le prévenu d'expliquer: «C'était un rendez-vous de travail. J'avais une voiture de fonction. Je n'ai d'ailleurs pas payé la note en entier. Quant au cigare, il m'avait été donné par le propriétaire du restaurant. Il était tout sec. Cela devait sûrement être le dernier qu'il avait.»

Y a-t-il eu astuce dans cette affaire? L'avocat du prévenu a rappelé que ce n'est pas astuce que d'être bien mis et d'avoir une belle automobile pour récolter de l'argent. «Sans quoi un tiers des Neuchâtelois seraient concernés. D'ailleurs, l'inverse est aussi vrai. Récolter des fonds en s'habillant modestement dans le but de tromper constitue aussi une astuce!» Pour expliquer ses actes, Marcel n'a pas invoqué ses goûts vestimentaires, mais «un état d'esprit de grande tension nerveuse» lors des faits.

Quand à Jeanne et Eric, leur attitude aura été différente. La première a agi «pour aider». Le second a nié toute responsabilité dans l'affaire.

Le juge a finalement condamné Marcel à 23 mois de prison et 20 jours avec sursis et mise à l'épreuve durant cinq ans. Il a en revanche acquitté Jeanne et Eric. / cbx

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