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Boucherie «chair» payée

Le retraité avait autorisé des étrangers à saigner des moutons chez lui selon l'abattage rituel. Verdict: 600 francs d'amende Non, un paysan n'a pas le droit de jeter les entrailles de ses animaux sur son tas de fumier. Ni de tuer du bétail et de commercialiser la viande sans passer par l'abattoir et sans faire contrôler les denrées. Et encore moins d'autoriser que des moutons soient égorgés selon l'abattage rituel sur son domaine!

07 mars 2006, 12:00

Cette fois-ci, Robert*, 80 ans, devrait avoir compris la leçon. Hier matin devant le Tribunal de police de Boudry, ce retraité neuchâtelois a été condamné à 600 francs d'amende pour infractions à la loi sur les denrées alimentaires, à l'ordonnance sur l'hygiène des viandes, à l'ordonnance sur l'élimination des sous-produits animaux ainsi qu'à la loi fédérale sur la protection des animaux.

«Même si le retraité n'a pas égorgé lui-même les moutons, il s'est rendu complice du délit»

Ce qu'on lui reproche? Entre août 2002 et août 2005, l'homme est abordé par des étrangers qui souhaitent lui acheter un mouton et saigner la bête sur son domaine. Robert accepte. Devant le tribunal, il prétendra ne pas avoir su que les abattages rituels casher ou halal étaient interdits en Suisse. Et assurera que cette pratique ne s'est produite «que deux fois» chez lui.

Durant la même période, le Neuchâtelois se rend également coupable de commercialiser de la viande de mouton sans faire contrôler les denrées. Et d'abandonner ensuite les déchets d'abattage sur son territoire, à la vue des voisins et des passants. Là aussi, le retraité prétend qu'il n'était pas conscient d'enfreindre la loi.

«Lors de son interrogatoire à la police, cet homme a déclaré qu'il pensait bien que les étrangers allaient bouchoyer ces animaux d'une manière peu légale, a déclaré hier le président du tribunal François Ott. Il ne peut donc pas se retrancher derrière le fait qu'il ignorait la loi.» L'enregistrement a aussi fait penser au juge que d'autres moutons avaient été saignés durant cette période, «et pas juste deux».

Selon François Ott, le retraité a agi «de manière négligente» et, «même s'il n'a pas égorgé lui-même les bêtes selon le rituel halal», il s'est rendu coupable de «complicité» lors des délits.

C'est pourquoi Robert* a été condamné à 600 francs d'amende, verdict plus clément que les 1000 francs requis par le ministère public. «Nous avons tenu compte de son âge avancé et de sa situation financière modeste.» / VGI

* Prénom fictif

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