Agresseur mal identifié

19 janv. 2010, 04:15

«Kelly*, attends-moi que je te viole!» Patrick* était accusé d'avoir prononcé cette phrase en octobre 2008, dans une rue de Corcelles, en s'adressant à une jeune fille âgée de 13 ans. Et d'avoir ensuite commencé à détacher sa ceinture et à enlever son manteau. Le jeune homme de 27 ans comparaissait hier devant le Tribunal de police de Boudry pour tentative d'actes d'ordre sexuel avec des enfants. Après une courte audience, le président du tribunal a estimé que Patrick avait été «victime d'une erreur sur la personne», vu la faiblesse du dossier.

A commencer par l'identification. En effet, la victime n'a désigné Patrick comme son agresseur, d'après une photo, que cinq mois après les faits, a rappelé l'avocat du prévenu, un double national helvético-canadien d'origine africaine. «Et la victime n'a pas reconnu sa voix», d'une importance certaine dans cette affaire.

Les «fautes» du prévenu: sa couleur de peau, le fait d'être domicilié dans le village où se sont produits les faits et son comportement bizarre. Patrick souffre en effet d'un handicap mental léger. «Il a de bonnes aptitudes en termes d'autonomie qui lui permettent d'exercer un travail régulier», a expliqué son moniteur socioprofessionnel. «Mais il rencontre des difficultés dès qu'il s'agit de domaines abstraits.»

La tendance à fixer les gens du regard, ou encore sa passion pour Michael Jackson, qu'il essaie d'imiter en enfilant des perruques aux cheveux lisses et en arborant un foulard tel un masque, ont joué en défaveur de Patrick. Sur ce point, il a estimé avoir appris une leçon. «Il faut faire attention à son look. Les masques, par exemple: la police m'a dit de ne pas les porter comme ça, dans la rue». /anc

*Prénoms d'emprunt