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Blaser-Favre, musique du troisième type

21 avr. 2009, 09:19

De toutes façons n'improvise que celui qui en a vitalement besoin. Samuel Blaser, tromboniste rêvait de jouer un jour avec le percussionniste Pierre Favre, de renom international. Un concert «Résonances en duo», dimanche au Centre Dürrenmatt à Neuchâtel, a comblé son souhait.

Commence alors un jeu libre, une improvisation sans aucune donnée orale visuelle ou musicale. Paganini du trombone, Samuel Blaser entraîne le percussionniste dans les sonorités graves. La réplique de Pierre Favre est instantanée, agile, fine et aiguë. Puis les musiciens partent sur un rythme, qu'ils colorent, chacun à sa manière. Chemin faisant, ils découvrent un nouveau motif. L'orientation du discours prend une autre direction. Chaque idée est pesée, ressentie, orchestrée dans un temps minime. Afin de ne pas être redondant Pierre Favre répond aux sonorités cuivrées du trombone dans le feutre des peaux. Quelques cymbales, gong, caisse claire et accessoires suffisent à Pierre Favre pour créer tout un monde sonore. Trombone et percussion inventent constamment, toute répétition est immédiatement refusée par l'autre.

Ce genre de musique dépend au plus haut point des conditions dans lesquelles elle est produite, de l'acoustique, de la chaleur de ceux qui l'écoutent et ils étaient très nombreux dimanche. Blaser et Favre ont fort bien dégagé les lignes de force de la dialectique «improvisateurs-créateurs» développée par le New Phonic Art du compositeur et tromboniste Vinko Globokar, une forme intéressante de la musique actuelle. /ddc

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