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Appel au secours entendu

«Parents et villageois se sont mobilisés pour notre survie. Nous sommes vraiment touchés. Sans eux, nous pouvions fermer en mars.» Nicole Hug est la présidente de l'association La Frimousse. Depuis 1992, l'atelier privé accueille des enfants de 2 à 5 ans à Colombier. «Des écoliers ont appris notre situation difficile. Ils sont venus nous amener des enveloppes. C'était adorable, explique la jeune femme. Et certains parents ont pris l'initiative de payer deux fois l'écolage!»

26 janv. 2006, 12:00

En décembre dernier, les membres de l'association La Frimousse lançaient un appel au secours auprès de nombreux parents de la commune et des alentours. Ils envoyaient 275 lettres, expliquant que sans une aide ponctuelle, l'atelier devrait suspendre son activité, en tout cas de mars à juillet.

Moins d'enfants par classe

Comment ce lieu d'accueil, dont le budget a toujours été équilibré, a-t-il pu en arriver là? «Nos problèmes ont commencé en 2003, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la petite enfance», explique Nicole Hug. Auparavant, les classes de La Frimousse comptaient en moyenne 25 enfants, «ce qui permettait de couvrir les frais et les salaires». Mais la nouvelle loi a fixé un nombre limite d'enfants par animateur, soit l'équivalent de dix bambins de 3 à 5 ans ou de huit petits de 2 et 3 ans pour un éducateur. «Ces nouvelles normes nous ont obligés à augmenter le nombre d'employés, mais aussi à diminuer l'effectif des classes», explique Nicole Hug. Un coup dur pour cet atelier qui ne touche ni subvention communale, ni cantonale. En effet seuls les lieux d'accueil ouverts onze heures par jour bénéficient de subsides. «Pour nous, ce n'est pas possible d'ouvrir autant. Nos locaux ne sont dotés ni d'une chambre pour dormir, ni d'une cuisine assez grande. La Frimousse n'est pas une crèche! Il s'agit d'un atelier qui propose des activités pédagogiques.»

Un deuxième coup de massue venait s'abattre sur l'association en 2005: la mise à disposition obligatoire pour les communes de deux années d'école enfantine, nouveauté qui privait les ateliers de bon nombre de petits. «Le premier déficit de 2004-2005 a pu être épongé grâce à notre réserve financière. Mais nous ne pourrons pas assumer une deuxième année dans le rouge.»

11.000 francs déjà récoltés!

Vingt mille francs: c'est la somme qu'il faut à l'atelier pour finir l'année scolaire. «Nous avons déjà récolté 11.000 francs. Ce qui nous laisse déjà présager que nous pourrions terminer l'année sans interruption.»

L'aide sera ponctuelle. Les membres de l'association insistent sur ce point: «On ne pourra pas toujours demander aux parents de nous soutenir. Il faut trouver une solution.» Les budgets sont donc en cours de révision. Il s'agira par exemple d'augmenter le prix de l'écolage.

«C'est dommage que les parents doivent payer parce que l'Etat ne reconnaît pas notre travail, déplore Dominique Chappuis, éducatrice. Nous nous sommes toujours battus pour faire du social, pour que tous les enfants puissent venir ici.» Selon elle, ces ateliers sont indispensables, «contrairement à ce que pensent certains politiciens. La preuve: nous accueillons une centaine d'enfants en tout! Les maîtresses d'école enfantine constatent que les bambins qui fréquentent les ateliers sont bien sociabilisés. Ils ont l'habitude des règles et des contacts avec les autres». /VGI

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